Ariane 6 : à travers la jungle et l’Histoire

Croisement de générations au CSG
© CNES/ESA/Arianespace-ArianeGro - © CNES/ESA/Arianespace-ArianeGroup/Optique Video CSG/T Leduc, 2026

Croisement de générations au CSG
© CNES/ESA/Arianespace-ArianeGro - © CNES/ESA/Arianespace-ArianeGroup/Optique Video CSG/T Leduc, 2026
Un cliché aérien qui raconte beaucoup d’histoires. Le Soleil se montre généreux ce vendredi 12 juin. Il illumine le transfert du composite supérieur d’Ariane 6, la coiffe, protégeant de l’extérieur une nouvelle grappe de satellites de communication Amazon Leo. Ils décolleront le 17 juin à bord d’une nouvelle version lourde d’Ariane 6. Un vol inédit.
L’image est chargée de souvenirs, regroupant deux générations de lanceurs, Ariane 5 et Ariane 6. Au premier plan, figurent les deux tables de lancement d’Ariane 5, parquées dans une voie de garage du chemin qui joignait le bâtiment d’assemblage final (BAF) au pas de tir en zone de lancement 3 (ZL 3).
La première table, moins haute, a porté les premières versions du lanceur lourd européen. Elle a été mise au rebut quand a été introduite la version ECA, plus grande. Cela fait donc des années qu’elle reste ici, abandonnée à la végétation. On voit d’ailleurs qu’un arbre a poussé à travers le trou d’échappement des gaz du moteur Vulcain. La nature y reprend peu à peu ses droits.
La seconde table, qui pèse plus de 1000 tonnes, a été laissée là après le 117e et dernier vol d’Ariane 5 en 2023. Le sort de ces tables est pour l’instant inconnu. Elles demeurent là, témoins, pour la 8e fois, du remplacement d’Ariane 5 par le nouveau lanceur européen, Ariane 6.

Sur l’image, le transfert de la coiffe et de ses occupants ne fait que commencer. La coiffe est partie de l’EFA (Encapsulation Facility Ariane). C’est ici que sont mises sous coiffe les charges utiles d’Ariane 6. Ce bâtiment imposant, visible au second plan, abritait auparavant l’intégration finale du lanceur Ariane 5. C’était le BAF. Il témoigne de l’art du Cnes, de l’ESA et d’ArianeGroup du recyclage de bâtisses uniques afin de réduire les coûts de transition entre deux générations de lanceur lourd.
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Le chemin de la coiffe est, à ce moment-là, assez long. Quelques kilomètres à parcourir à travers le Centre spatial guyanais, jusqu’à la Zone de lancement 4 (ZL 4), où se trouve le pas de tir d’Ariane 6, et son bâtiment d’assemblage (BAL). La coiffe sera hissée dans la cathédrale, où le lanceur attend déjà, debout.
Au loin, en arrière-plan de l’image, un autre transfert est en cours. C’est celui d’un propulseur d’appoint d’Ariane 6. Il est en cours de préparation pour un vol ultérieur dans les installations d’Europropulsion, coentreprise entre Avio et ArianeGroup. Avec 4 boosters à préparer par vol, le site est devenu une véritable piste de ballet, où les propulseurs sont transférés d’un bâtiment à un autre, avant d’être joint au lanceur en ZL 4. C’est un site au cœur de la stratégie de montée en cadence d’Ariane 6.
Jamais un lanceur européen n’aura lancé en une seule fois autant de charge utile. Grâce à des propulseurs d’appoint plus puissants, des P160C au lieu des P120C, Ariane 6 peut emporter 4 satellites Amazon Leo en plus. Le 17 juin dernier, Ariane 6 a réussi à décoller dans sa version lourde augmentée. Une première historique dans le spatial européen, car la voici plus puissante qu’Ariane 5 n’a jamais été. Un enjeu de taille dans la montée en puissance de l’accès à l’orbite pour l’Europe.