Stigmates d’une canicule historique dans l’Hexagone

La France avant (le 14 juin) et après la canicule (le 25)
NOAA via Météo-France

La France avant (le 14 juin) et après la canicule (le 25)
NOAA via Météo-France
La canicule historique du mois dernier, qui constituait la deuxième vague de chaleur intense en France de l’année, a duré pas moins de 14 jours (du 17 au 30 juin).
Bien qu'elle ait été légèrement plus courte que la canicule d'août 2003 (qui avait duré 16 jours), Météo-France a souligné qu'elle s'est avérée plus intense, avec une multitude de records historiques pulvérisés depuis le début des mesures en 1945 : les deux journées les plus chaudes de l'histoire de France (30 °C de moyenne sur 24 heures, les 24 et 25 juin), le pic maximal de température moyenne (38,2 °C, le 23 juin, battant les 37,7 °C du 5 août 2003), le mois de juin le plus chaud (22,7 °C en moyenne, soit une anomalie monumentale de +3,8 °C par rapport aux normales saisonnières), des records absolus locaux en pleine journée, et des nuits « tropicales » à des niveaux inédits.
Cette nouvelle canicule précoce a propulsé jusqu'à 72 départements simultanément en vigilance rouge.
Elle a provoqué des incendies géants, détruisant 25 000 hectares de forêts.
Des milliers de poissons ont péri par asphyxie à cause de l'assèchement et de la surchauffe des cours d'eau.
La faune sauvage a subi une surmortalité, tandis que le stress hydrique a frappé durement la végétation.
Ces conséquences dramatiques sont visibles de façon spectaculaire depuis l’espace, et les satellites d'observation de la Terre ont réalisé des clichés saisissants de l’état des sols après deux semaines de canicule, à l’image de ces images diffusées par Météo-France, réalisées par un satellite de météorologie américain (NOAA 20) évoluant à 820 kilomètres d’altitude.
À gauche apparaît la France avant la seconde vague de chaleur, le 14 juin dernier ; à droite, le pays onze jours plus tard.
Une immense partie du territoire (en particulier le Grand Ouest, le Bassin parisien et le Centre), qui affichait auparavant un vert soutenu, a viré au jaune et au beige ocre, témoignant de l'effet du stress hydrique extrême et des températures record sur les végétations, totalement asséchées.
On distingue également sur l’image de droite, dans la moitié sud et le long de la façade Atlantique (au niveau de la Nouvelle-Aquitaine), une longue ligne blanche et fine s'étirant vers le nord-nord-ouest : il s'agit du panache de fumée d'un des grands incendies déclenchés par cette sécheresse éclair.
Le répit est d'ailleurs de très courte durée puisqu'une troisième vague de chaleur commence déjà à pointer le bout de son nez en ce début juillet.