Une étude de l'université du Texas a révélé que des satellites russe d'alerte avancé ont servi à brouiller des signaux GNSS (GPS, Galileo, Beidou) en Europe. Une nouvelle technique qui permet à la Russie d'intensifier son offensive depuis l'orbite.La guerre spatiale menée par la Russie continue de s’enrichir, avec un nouveau front dans les techniques de brouillage. Début juin, une étude menée par l’Université du Texas, avec le concours de la société espagnole GMV, semble apporter des éléments de réponse sur cet incident. Elle révèle avoir recensé depuis 2019 au moins 75 incidents sur le territoire européen, dans une zone qui s’étend de l’Islande à l’Italie. Dans trois cas, l’étude certifie que ces incidents ont pour origine des interférences de la part de satellites de la constellation Toundra des Forces spatiales russes, consacrée à l’alerte avancée.
Dans les autres cas, le manque de données ne permet pas de conclusion sur l’origine, mais le type de signal interférent était le même. Les incidents ont tous duré moins de 10 secondes, au cours desquelles, les appareils devaient passer sur un signal de secours. Les perturbations ont touché les réseaux GNSS américain (GPS), européen (Galileo) et chinois (Beidou), mais pas le réseau russe Glonass.
D’après l’étude, le brouillage peut couvrir une région entière tout comme il peut viser un avion en particulier. Ce qui pourrait expliquer le cas du Falcon 900LX de la RAF. Ce type de menace s’est drastiquement intensifié ces derniers mois avec la guerre au Moyen-Orient, ou jamais dans l’histoire, il n’avait été compté autant d’incidents de brouillage GNSS. L’impact était direct sur les trafics aérien et maritime.
Révélation en écho d'une embrouille avec le Royaume-Uni
Le 21 mai, en revenant d'Estonie, l’avion du ministre de la Défense du Royaume-Uni John Healey avait perdu une partie de ses communications. Le Falcon 900LX de la Royal Air Force (RAF) ne parvenait plus à se localiser à l’aide des signaux GNSS. Sa liaison satellite avait été coupée pendant près de trois heures.
Le ministre et les autres passagers n'avaient pas pu accéder à internet. Plus tard, le ministre avait déploré une « ingérence imprudente » de la Russie.