La Bundeswehr réforme sa politique d’achats d’armement, afin de répondre aux nouvelles exigences de Berlin en matière de défense. Désormais riche, elle se doit d'être efficace.Plus agile, plus rapide, plus flexible et davantage ouvert à l’innovation. Tels sont les objectifs de la réforme de l’Office fédéral de l’équipement, des technologies de l’information et du soutien de la Bundeswehr (BAAINBw – Bundesamt für Ausrüstung, Informationstechnik und Nutzung der Bundeswehr), l’équivalent allemand de la Direction générale de l’armement. Dévoilée le 20 mai dernier par le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, la nouvelle organisation doit permettre à l’administration, dirigée par Annette Lehnigk-Emden, de faire face à une hausse soutenue de ses activités en matière de conduite des programmes, due à l’augmentation du budget fédéral consacré à la défense.
Cette réforme veut faire du BAAINBw, qui emploie actuellement environ 13 000 personnes, un « centre dédié à l’analyse du marché et des technologies », a déclaré le ministre, dans une logique davantage économique, tout en renforçant la connaissance et le contrôle des chaînes d’approvisionnement.
Simplifier pour réarmer
L’un des axes importants de cette réforme, ce sont des procédures d’achats simplifiées et accélérées – même si les détails concrets n’ont pas été dévoilés, car la réforme va être mise en place par « phases successives », a expliqué Boris Pistorius, lors de sa présentation. Le projet de loi de planification et d’accélération des acquisitions, initié en juillet 2025 par le Bundestag (le parlement allemand), a été adopté en janvier 2026. Le texte prévoit d’alléger certaines procédures, pour faire face à l’augmentation drastique des passations de marché, mais aussi de relever certains seuils, pour attribuer des contrats sans passer par des appels d’offres. Une décision qui n’est pas sans causer quelques débats en Allemagne, certains s’inquiétant de risques de favoritisme.