Un trou de 40 cm dans un panneau solaire de Sentinel 1A

Un trou béant apparaît clairement en bas du deuxième segment du panneau solaire.
ESA

Un trou béant apparaît clairement en bas du deuxième segment du panneau solaire.
ESA
Sentinel 1A est un satellite d’observation de la Terre de l’ESA équipé d’un radar, développé dans le cadre du programme Copernicus de la Commission européenne. Il a été lancé par une fusée Soyouz depuis la Guyane le 3 avril 2014 et se trouve depuis sur une orbite héliosynchrone, haute d’environ 700 km et inclinée de 98°.
Le 23 août à 17h07 UTC, les contrôleurs du centre de Darmstadt (Allemagne) ont constaté une soudaine baisse de puissance à bord du satellite, ainsi que de légères modifications de son orientation et de son orbite. Les caméras embarquées, qui avaient servi à surveiller le bon déploiement des panneaux solaires après la mise à poste du satellite, ont révélé un trou béant d’environ 40 cm sur l’une des « ailes ». Une première analyse laisse à penser qu’il a été provoqué par un débris spatial ou une micrométéorite, d'une taille de l'ordre du millimètre.
L’incident n’interfère en rien sur le fonctionnement du satellite, qui poursuit sa mission sans encombre, la baisse de puissance s’avérant insignifiante. Mais il vient rappeler les dangers auxquels sont exposés les satellites (et les astronautes) dans leur course autour de la Terre à plus de 8 km/seconde. Les conséquences de collisions avec des objets minuscules, mais animés de vitesse au moins équivalentes, peuvent être bien plus dramatiques. Elles sont surtout totalement imprévisibles, donc impossibles à éviter, car seuls les objets de plus de 5 cm sont surveillés au quotidien depuis le sol.
Pour en savoir davantage sur la délicate question des débris spatiaux, nous vous recommandons le nouveau livre de Christophe Bonnal, expert de la question à la Direction des lanceurs du Centre national d’études spatiales : « Pollution spatiale - L'état d'urgence » (éditions Belin).