• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Partenaires

Retour sur La Tribune
Défense et aérospatial

Une du journal Air&Cosmos

Dernière édition

Logo Air&Cosmos
  • Stratégies
  • Innovation & technologies
  • Aviation civile
  • Défense
  • Espace
Logo Air&Cosmos
  • Stratégies
  • Innovation & technologies
  • Aviation civile
  • Défense
  • Espace

Sélectionnez votre région

Logo Air&Cosmos

RECHERCHER

Loupe

DA
Défense & Aérospatiale
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
LT
La Tribune
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Entreprises & marchés
  • Institutions
  • Stratégie industrielle & Supply Chain
  • IA & Technologies avancées
  • Programmes
  • Recherche aéronautique
  • Aviation décarbonée
  • Drones & mobilité aérienne avancée
  • Compagnies aériennes
  • Aéroports et contrôle aérien
  • MRO
  • Aviation légère et d'affaires
  • Armées & opérations
  • Aéronefs
  • Drones & équipements militaires
  • MCO
  • Sciences & exploration
  • Lanceurs
  • Vols habités
  • Satellites & applications
  • Défense spatiale

Kiosque numériqueNewsletters
La TribuneLa Tribune DimancheLa Tribune Afrique
PartenairesÉvénements
Air & CosmosEspace

Il y a 75 ans, EA 1941, la première fusée à propergol liquide française

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 06 juillet 2020 à 11:29

Hebdomadaire

N2979 ● 17 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Dernière minute

  • 11:00
    Farnborough : entrée en fanfare pour Boeing avec une méga-commande
  • 07:10
    Farnborough : Londres lance l’hybridation débridée de ses forces armées
  • 06:11
    Il y a 50 ans, Viking 1 tente de répondre à la question de la vie sur Mars
  • 05:00
    Portrait : capitaine Geoffrey
  • 10:00
    Livraisons : Croissance à deux chiffres pour Airbus et Boeing

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Facebook
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Partenaires
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
Le 6 juillet 1945, l’ingénieur Jean-Jacques Barré réussissait le tir d’un EA 1941, la première fusée française à propergol liquide. La France rejoignait ainsi le club fermé des pays cherchant à maîtriser cette technologie.

Les étoiles pour passion

Entré à l’école Polytechnique en 1922, Jean-Jacques Barré intègre en 1924 l’Ecole d’Artillerie de Fontainebleau. Parallèlement à sa carrière militaire, celui-ci se passionne également pour l’astronomie et les « voyages dans l’espace ». Chez lui, il dispose même d’un télescope de 185 mm qu’il a lui-même monté. Le 8 juin 1927, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, Jean-Jacques Barré vient écouter le pionnier de l’aéronautique Robert Esnault-Pelterie qui donne une conférence sur « L’exploration par fusées de la très haute atmosphère et la possibilité des voyages interplanétaires ». Conquis, Barré est désormais convaincu de la faisabilité des vols dans l’espace.

De la collaboration avec Esnault-Pelleterie à la guerre

Dès 1927-28, Jean-Jacques Barré se lie d’amitié avec Esnault-Pelterie, avec lequel il échange et engage une collaboration qui allait durer six années. Il se met à étudier la question des propergols liquides, de l’injection de ces derniers, du refroidissement des tuyères, du dosage des ergols, etc., ainsi que de l’organisation d’un banc d’essai au point fixe à Satory pour y tester des moteurs-fusées.

Au début des années 30, Jean-Jacques Barré constate et s’inquiète de l’essor des activités de fusée en Allemagne, aux Etats-Unis ou encore en URSS. Partageant le même sentiment, Esnault-Pelterie finit par obtenir un appui de la part des militaires qui lui versent une subvention et lui détachent dans son laboratoire le 25 septembre 1931 le jeune lieutenant Barré. Mais, un an plus tard, ce dernier doit quitter le laboratoire pour rejoindre la Section technique de l’Artillerie (STA) ; celui-ci perçoit assez mal ce rappel qu’il ressent comme un exil forcé. Quant à Esnault-Pelterie, les militaires estiment que ses travaux n’avancent pas assez vite et diminuent progressivement les crédits.

L’arrivée au pouvoir d’Hitler laisse présager un futur menaçant. Dès avril 1933, l’ingénieur militaire Barré est nommé à la Commission des Poudres de guerre de Versailles. Les recherches en matière d’armement sont de nouveau sollicitées. Les autorités militaires autorisent Barré à reprendre ses travaux sur les fusées mais « hors de son temps courant », comme le notifient ses supérieurs hiérarchiques…

Le programme EA 1941

La défaite de juin 1940 interrompt les études de Barré qui, en novembre, est affecté à Lyon à la Section technique de l’Artillerie. Cette dernière est alors reconstituée clandestinement en Zone libre sous le nom de Service central des marchés et de surveillance des approvisionnements (SCMSA), placé sous l’autorité du général Arnaud et du colonel Dubouloz (directeur du SCMSA). Jean-Jacques Barré reçoit alors la mission d’étudier une fusée à propulsion à liquides. Le 4 juillet 1941, le Secrétariat d’Etat à la Guerre finance les recherches de Barré à la hauteur de 300 000 francs avec, pour objectif, la construction de vingt-deux « engins gazogénérateurs » autrement dit des propulseurs-fusées. Ceux-ci prennent le nom de EA 1941 (« Engin Autopropulsé année 1941 »). D’une longueur de 3,13 m, d’un diamètre de 260 mm pour une masse totale de 100 kg, l’EA 1941 fonctionnera à l’oxygène liquide et à l’éther de pétrole et devra être capable d’emporter une charge explosive de 25 kg jusqu’à une distance de l’ordre d’une centaine de kilomètres.

Newsletter

La Lettre Quotidienne

Entrez chaque jour au coeur des enjeux de l'aéronautique, de la défense et du spatial avec l'expertise de la rédaction et suivez les actualités structurantes de ces secteurs stratégiques.

Illustration de la newsletter La Lettre Quotidienne

Le 15 novembre 1941, au camp du Larzac, Jean-Jacques Barré procède au premier essai au banc d’un EA 1941 qui explose après avoir fonctionné 42 secondes. Six autres sont effectués au Larzac puis à partir de juillet 1942 à Vancia près de Lyon, avec des résultats plus ou moins concluants. Le septième et dernier essai intervient le 24 septembre 1942 : le moteur développe une poussée de 654,5 kg pendant près de 11 secondes. L’ensemble des essais étant plutôt prometteur, Jean-Jacques Barré estime qu’il est temps d’effectuer des tirs.

L’invasion de la zone sud et la suspension des travaux de Barré

Les tirs de l’EA 1941 ne peuvent cependant être réalisés au risque d’alerter les Allemands. De ce fait, il est décidé de les poursuivre en Afrique du nord. Une mission est organisée à Beni-Ounif dans le sud oranais du 3 au 16 octobre 1942. Mais le débarquement des Alliés en Afrique du nord le 8 novembre 1942, suivi de l’invasion de la Zone libre par les Allemands et les Italiens, contrarie le plan. Le programme EA 1941 est alors mis en sommeil, le matériel est caché, tandis que les plans de la fusée sont communiqués à Londres. En attendant de jours meilleurs, Jean-Jacques Barré entre dans la résistance dans le réseau Gallia-Dubouloz, tout en poursuivant ses études théoriques sur les fusées.

Les premiers essais en vol de l’EA 1941

Le débarquement de Provence à partir du 15 août 1944 permet la libération du sud de la France. Plein d’espoir, Jean-Jacques Barré veut entreprendre ses tirs au plus vite. Début septembre 1944, le matériel est récupéré et rassemblé, tandis qu’un polygone de tir est installé à la Renardière, dans la presqu’île de Saint-Mandrier près de Toulon.

Début mars 1945, l’équipe Barré se prépare à tirer le premier EA 1941 ; la Marine met à disposition plusieurs bâtiments et avions pour l’opération. Le 15 mars, l’engin décolle parfaitement, mais il se met à tourner et explose au bout de 5 secondes… Le tir du lendemain est également un échec, la fusée explose sur sa rampe. La cause des échecs est identifiée un peu plus tard : les parois des réservoirs se sont écaillées entraînant l’obturation des gicleurs.

Les tirs de juillet 1945

Avec l’aide de la Société pour l’application générale de l’électricité et de la mécanique (SAGEM), la petite équipe de Barré reprend les tirs, toujours avec le soutien logistique de la Marine. Le 6 juillet 1945, trois EA 1941 sont préparés. Si le premier vol est presque réussi – la fusée retombe à une dizaine de kilomètres du site de lancement – le second échoue complètement, explosant juste après avoir quitté la rampe à cause d’une trop grande vitesse. En revanche, le troisième tir est un succès presque complet : à 19h45, l’engin décolle et, à la vitesse de 1 400 m/s, atteint une distance estimée à près de 60 km. Deux derniers tirs ont lieu le 18 juillet, mais les engins brûlent sur leur rampe…

Si les échecs montrent que la maîtrise d’engins de type balistique n’est pas simple, que cela nécessite du temps, de l’argent, du matériel de qualité avec le soutien d’industriels et des équipes plus étoffées, le troisième tir du 6 juillet a été « la première fusée française à carburants liquides [qui a] réalisé son premier vol, plus de dix ans après ses équivalentes allemandes, américaines et soviétiques », soulignait il y a quelques années le spécialiste Jacques Villain. Néanmoins, face à l’avènement du V2 allemand, l’EA 1941 (et son avatar EA 1946) n’aura pas d’avenir…

Références

Une publication SEP : Jean-Jacques Barré, pionnier français des fusées et de l’astronautique, Jacques Villain, SEP, 1993

Un ouvrage : Robert Esnault-Pelterie. Du ciel aux étoiles, le génie solitaire, par Félix Torres et Jacques Villain, Confluences, 2007

Au Musée de l’Air et de l’espace du Bourget : un exemplaire de la fusée EA 1941 y est exposé.

Philippe Varnoteaux est docteur en histoire, spécialiste des débuts de l’exploration spatiale en France et auteur de plusieurs ouvrages de référence.

Pierre-François Mouriaux

Sur le même sujet

Aviation Capital commande 100 Boeing 737 MAX

Farnborough : entrée en fanfare pour Boeing avec une méga-commande

Au premier jour du salon Aéronautique de Farnborough au Royaume-Uni, Boeing a dégainé une grosse commande de 100 Boeing 737 MAX pour le compte de SMBC Aviation Capital. Une belle entrée en matière.

Aviation civile
hybridation débridée des forces armées au Royaume-Uni

Farnborough : Londres lance l’hybridation débridée de ses forces armées

Le Royaume-Uni enclenche une augmentation significative de ses dépenses de défense jusqu’en 2030. À l’instar de Berlin, Londres va fortement miser sur la dronisation de ses forces armées avec cinq milliards de livres investis sur les quatre prochaines années.

Premium
Stratégies
Ici, Mars !

Il y a 50 ans, Viking 1 tente de répondre à la question de la vie sur Mars

En pleine Guerre froide, Soviétiques et Américains s’affrontent « à coups de sondes spatiales » pour être le premier à atteindre, voire se poser sur d’autres mondes. La planète Mars était l’un d’eux.

Espace
Capitaine Geoffrey, commandant de l'Equipe de voltige de l'armée de l'Air et de l'Espace.

Portrait : capitaine Geoffrey

Un rêve de voltige

Premium
Défense
Inauguration de la seconde ligne d'assemblage de la famille A320 à Toulouse.

Livraisons : Croissance à deux chiffres pour Airbus et Boeing

En dépit de trajectoires différentes, les deux géants de l’aéronautique mondiale accélèrent leurs cadences de production. Si le constructeur américain avance prudemment, son concurrent européen a fait un vrai bond en avant à partir du printemps.

Premium
Stratégie industrielle
Vikram 1 sur son pas de tir

Jour historique en Inde avec le vol inaugural du premier lanceur du New Space

Ce samedi 18 juillet, la start-up indienne Skyroot Aerospace a réussi le vol inaugural de son microlanceur Vikram-1. La première fusée 100 % privée du pays ouvre la voie à une nouvelle ère.

Espace
Reid Wiseman et Christina Koch à Turin

L’équipage de la mission Artemis 2 en tournée européenne

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Cette semaine, l’équipage de la mission cislunaire Artemis 2 a effectué une « tournée européenne de reconnaissance », visitant plusieurs sites clés dans la construction du module de service ESM de leur vaisseau.

Premium
Espace
La coopération franco-allemande est à la croisée des chemins.

Macron et Merz cherchent un nouveau souffle pour la coopération franco-allemande

Alors que les relations entre la France et l’Allemagne en matière de défense sont en pleine zone de turbulence, les dirigeants des deux pays cherchent à (se) rassurer sur la solidité du lien entre les deux pays. Et se projettent dans l’après-Scaf.

Premium
Stratégies