Le marché des nanosatellites, une réponse d’avenir ?
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

angels
Adelom16 / Wkipedia Creative Commons
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

angels
Adelom16 / Wkipedia Creative Commons
En guise d’introduction, Philippe Gautier a souhaité revenir sur la définition même d’un nanosatellite, considérant pour sa part qu’il s’agit d’abord d’une question de masse : son propos concerne les satellites de moins de 100 kg, ce qui constitue la frontière avec les satellites des basses constellations dédiées au marché de l’internet, qui ne sont pas pris en compte dans son analyse de marché. Le marché qui l’intéresse, lui, connait sa deuxième actuellement période, après une « enfance » ou une « adolescence » qui se situe grosso-modo entre 2010 et 2020, avec une moyenne de 300 satellites lancés par an, pour un volume financier de 17 M$. D’ici 2030, leur nombre devrait être multiplié par quatre, avec des prévisions à 1 400 satellites lancés par an, et 54 M$ par an. Avec « curieusement », note Philippe Gautier, des plateformes qui ont tendance à grossir, passant de 110 à 180 kg en moyenne, et qui vont fonctionner de plus en plus en constellations (même s’il s’agit de seulement deux ou trois plateformes), ce qui devrait concerner près de 85 % des lancements dans la prochaine décennie (contre deux tiers jusqu’à présent), « ce qui est moins étonnant ». « C’est une croissance, tempère Philippe Gautier, mais ça n’est pas non plus une explosion titanesque, comme celle qui secoue le marché de la connectivité à internet ». Néanmoins, cette estimation de croissance des plateformes « hardware », « raisonnable » mais non négligeable, va avoir « un effet de levier énorme, en particulier sur l’aval et tout ce qui est production de data digitale : c’est une offre de plus, qui va s’insérer dans un dispositif assez large, avec des satellites géostationnaires qui vont continuer à exister (parce qu’ils ont d’autres capacités techniques, une grande couverture et une simplicité d’emploi), et des constellations de satellites de plus grande taille, qui évoluent à des altitudes plus importantes ».
Si le rythme de production augmente, tempère Philippe Gautier, qui n’est finalement pas convaincu par la dichotomie New Space / Old Space : « On reste bien loin des cadences d’une industrie comme l’automobile. » C’est en revanche l’amélioration permanente des performances qui l’impressionne, les nanosatellites bénéficiant de tous les progrès de la miniaturisation, avec une diminution drastique du rapport entre les capacités et la masse, mais aussi le coût. « Ainsi, constate Philippe Gautier, un satellite qui pèse vingt fois moins et qui coûte cinquante fois moins va parfois être capable de faire deux ou trois fois moins bien qu’un gros satellite de la génération précédente. Cela permet par exemple d’avoir une constellation de 25 satellites, capable de revisites toutes les quinze minutes, pour un coût de seulement 100 à 150 M$, soit la moitié du prix d’un satellite unitaire géostationnaire, certes d’une performance beaucoup plus importante, mais d’un rapport performance-prix significativement moins avantageux […]. Maintenant, l’enjeu technique est d’augmenter la puissance électrique de ces plateformes, d’avoir de plus en plus de watts disponibles pour les équipements, à l’aide de panneaux solaires, de systèmes de stockage et de moyens d’optimisation de la charge utile – c’est un sujet sur lequel nous travaillons beaucoup chez Hemeria. Viennent s’ajouter – mais c’est aussi le cas pour les gros satellites – les questions d’autonomie des logiciels de vol et de la maniabilité des satellites (pour l’identification et l’évitement des débris), avec l’introduction de l’intelligence artificielle. Citons enfin la capacité des satellites qui vont voler en essaim, de coopérer et partager des informations entre eux. »