Rencontre avec Martin Sion, à la tête d’ArianeGroup depuis un an
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Le lendemain de sa prise de fonction, effective le 4 avril 2023, Martin Sion affichait clairement sa feuille de route lors de la conférence Perspectives spatiales organisée par le cabinet Euroconsult et le Gifas : « Mes trois priorités sont le premier vol d’Ariane 6, la montée en puissance et le modèle d’exploitation équilibré, qui permettent qu’Ariane 6 soit véritablement un total succès, et qui permettent à l’Europe d’avoir une pleine souveraineté dans son accès à l’espace. Je pense que c’est possible, je pense que cela sera fait. » Onze mois plus tard, le président exécutif d’ArianeGroup – qui s’exprime peu dans les médias – rencontrait la presse aéronautique et spatiale francophone, à l’occasion d’un petit-déjeuner organisé à Paris par l’Association des journalistes de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE).
En guise d’introduction, Martin Sion a rappelé que son arrivée à la tête d’ArianeGroup marquait un retour personnel dans le spatial, puisqu’il avait a démarré sa carrière en 1990 comme ingénieur de conception à la SEP (Société européenne de propulsion), à Vernon, dans l’Eure. Cependant, il faisait déjà partie du conseil d’administration du groupe avant sa nomination de 2023 (voir son portrait dans Air & Cosmos n°2825).
Puis Martin Sion a présenté les différentes activités d’ArianeGroup (dont le chiffre d’affaires s’élève à 2,3 Md€), qui se répartissent en trois grands pôles : la défense, avec notamment le programme M51 de missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) et ses évolutions ; les lanceurs civils, avec en particulier le programme Ariane 6 ; et les équipements spatiaux pour d’autres systémiers, par exemple Airbus Defense and Space qui fournit le module européen ESM (European Service Module) du vaisseau lunaire Orion de la Nasa. Sans oublier la surveillance de l’espace, ArianeGroup ayant fait évoluer son service GEO Tracker (pour l’observation des satellites sur l’arc géostationnaire), nommé Helix depuis l’ajout des orbites basses et moyennes et l’utilisation de capteurs infra rouges pour la vision diurne. L’occasion de préciser que, si le M51 est un programme de dissuasion uniquement national, Ariane 6 est un projet développé en coopération européenne, en particulier avec l’Allemagne.
Le M51 et Ariane 6, les deux piliers du groupe, représentent plus de 8 300 personnes (filiales comprises), dont plus de 500 ont été embauchées en 2023, que Martin Sion appelle des « rocket makers » (fabricants de fusées). Et d’ajouter : « Ces activités demandent la maîtrise d’un ensemble de technologies unique : cela commence avec la chimie des propulseurs, les moteurs solides et liquides, puis cela se poursuit avec les matériaux composites, les structures, l’avionique, et les systèmes de lancement », le tout en verticalisation complète.