Rencontre avec Prométhée Earth Intelligence
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« Des présentations Power Point, c’est bien. Mais un premier satellite sur orbite, c’est beaucoup mieux ! Surtout quand on vient de fêter son troisième anniversaire… » Olivier Piepsz, le bouillonnant président et cofondateur de Prométhée Earth Intelligence, est le premier surpris par l’envol rapide de la jeune pousse, lancée en janvier 2020 « en plein Covid, quand tout le monde était à la maison ». De fait, l’ancien vice-président de la direction internationale de Safran a de bonnes raisons de se montrer enthousiaste, à commencer par le succès de la mise sur orbite héliosynchrone de ProtoMéthée, le prototype de la constellation de nanosatellites d’observation de la Terre que Prométhée Earth Intelligence développe. Construit par la startup lituanienne NanoAvionics, ce cubesat 16U a été embarqué, aux côtés de 112 autres charges utiles, à bord de la mission partagée Transporter 9 de SpaceX, lancée le 11 novembre dernier sur Falcon 9 depuis la base militaire de Vandenberg, en Californie. « Tout le conseil d’administration était présent, nous raconte Florence Bonetti, vice-présidente en charge des relations publiques et de la communication, ancienne conseillère en communication du ministre de l'écologie. C’était extraordinaire, entre la puissance du décollage et le retour du premier étage en fin de mission à proximité du pas de tir ! »
« Avec ProtoMéthée, ajoute Olivier Piepsz, c’est la première constellation New Space dédiée à l’observation de la Terre qui se met en place et qui est pilotée depuis l’Europe (notre centre de contrôle se trouve à Toulouse). Et les prochains éléments, développés avec Hemeria, arrivent très vite : cette année HyperMéthée (pour continuer à tester les technologies), et en 2025 Japetus (qui sera la première brique de la constellation). Sachant qu’en parallèle, nous développons la partie sol et notre plateforme digitale avec des partenaires comme Cap Gemini, CS Group ou Lean Space. À terme, ce sont 20 satellites qui constitueront notre constellation, dont le déploiement doit s’achever en 2026. Elle offrira un taux de revisite très élevé et permettra une hyper réactivité. Et nous ne nous contenterons pas de récolter des images : notre offre est bout-en-bout, avec beaucoup d’intelligence embarquée, et une plateforme digitale qui va servir de démultiplicateur d’efficacité. C’est une offre de service qui va rendre la donnée la plus pertinente et la plus accessible – mais sous le capot, elle sera la plus complexe. Avec l’objectif de devenir un champion mondial sur trois verticales : la protection de l’eau (qu’elle soit douce ou salée) la gestion de crise (incendies, catastrophes naturelles…) et la défense (surveillance des frontières), pour des clients français ou européens et des pays émergents. Que l’on parle de sécheresse ou d’alimentation de centrales nucléaires, la question de l’eau constitue en effet un enjeu majeur pour la société et la paix dans le monde. Quant à la défense, la guerre en Ukraine nous rappelle encore qu’un accès souverain à l’information est plus que jamais stratégique. » Et d’ajouter : « Une constellation comme la notre donne une vision globale qui permet de mieux comprendre le local, et qui se veut complémentaire à la constellation Copernicus de l’Union européenne : quand les satellites de Copernicus offrent 10 m de résolution et fournissent de la donnée en cinq jours, la constellation de Prométhée Earth Intelligence va descendre à une résolution métrique et quarante minutes de revisite. Nous avons même des discussions avec l’UE pour ajouter des satellites à grand camp de vue sur la constellation communautaire Iris2, pour aider aux fonctions d’alerte… »