Rencontre avec Sophie Adenot
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Pierre-Emmanuel Paulis
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Pierre-Emmanuel Paulis
Oui, je suis super contente, tout simplement [Rires] : désormais, je fais officiellement partie du corps des astronautes européens ! C’est un grand moment, c’est très émouvant et je me suis laissée un peu surprendre par l’émotion lors de la remise de notre diplôme. J’ai certainement repensé à toutes ces années de travail et à tout ce que nous venons de vivre avec mes camarades de promotion – sans oublier ma gratitude envers tous ceux qui m’ont épaulée pour en arriver là. Cela me rapproche un peu plus de mon rêve de petite fille, mais cela ne constitue qu’un pas de plus sur un chemin qui est très-très long et qui a commencé il y a très-très-très longtemps, bien avant la sélection en fait. Et ce chemin, il va se poursuivre encore très longtemps, parce que je suis encore loin d'être prête à partir dans l'espace. En fait, notre entraînement de base, le basic training, qui vient de s’achever et qui a duré douze mois, ce n’est qu’une toute petite étape, c’est juste une porte de passage, car il y a encore beaucoup d’apprentissages et d'entraînements à venir…
C'était franchement génial, je me suis régalée. Ce fut une super année, très intense, composée de différents modules de formation. Grosso modo, ces modules étaient au nombre de quatre. Ce fut d’abord un enseignement théorique sur différents domaines, que ce soit la connaissance du corps humain, la biologie, la physique, la physique des matériaux, la géologie, l’astrophysique, la dynamique de vol, le russe, etc. Ce bagage va nous servir à pouvoir dialoguer avec les chercheurs avec qui nous travaillerons quand il s’agira d’apprendre à manipuler les expériences scientifiques embarquées à bord de la Station spatiale internationale. Ensuite, nous avons eu beaucoup d’exercices sur des procédures opérationnelles, comme le maniement du bras à robotique canadien ou l'apprentissage en piscine des procédures de base pour les sorties extravéhiculaires en scaphandre, les EVA. Le pôle sport a également été un autre gros module, parce qu’à bord de la station, il faut pratiquer entre deux heures et deux heures et demie d’exercices physiques par jour pour rester en bonne condition – dans le cas contraire, on perd de la masse musculaire, de la densité osseuse, etc. Il faut donc bien connaître son corps et effectuer tous les mouvements sans se blesser en faisant du sport dans l’espace. Le quatrième pôle enfin, ce fut les stages de survie. Cela a été un enchaînement d'expériences insolites et c'était vraiment chouette.