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Rencontre avec Slawosz Uznanski, futur astronaute polonais

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 26 mai 2024 à 10:15

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P.-F. Mouriaux / Air & Cosmos

Le Magazine

N2976 ● 26 juin 2026

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L’astronaute de réserve polonais Slawosz Uznanski est aujourd’hui en formation au Centre européen des astronautes, à Cologne en Allemagne, en vue d’un prochain séjour court à bord de la Station spatiale internationale. Il nous a accordé un entretien exclusif, en français s’il vous plait !

Quel a été votre parcours, de votre enfance à votre candidature comme astronaute ?

Je suis Polonais. Je suis né en 1984 et j'ai grandi à Lodz, la quatrième plus grande ville de Pologne, dans le centre du pays. J'ai commencé mes études à l’École Polytechnique de ma ville puis je suis venu en France à l'âge de 19-20 ans, grâce à une convention double diplôme avec l’École Polytechnique de Nantes. Cela a duré trois semestres. La dernière année, j'ai aussi suivi un Master de recherche à l'Université de Nantes et j'ai fait mon stage de fin d'études d'ingénieur à Grenoble. J’ai ensuite préparé une thèse sur les futures technologies européennes de semi-conducteurs, tout en travaillant vraiment dans une fonderie. C’était chez STMicroelectronics à Grenoble, où je concevais des circuits intégrés pour ses applications spatiales. Ce fut une excellente expérience. Ensuite, j’ai cherché un travail et j’ai exploré plusieurs pistes : rester dans une entreprise ou rejoindre une organisation internationale. Je me suis naturellement intéressé à la NASA, à l'Agence spatiale européenne et au CERN. Mais je ne pouvais pas travailler à la NASA parce que je suis Polonais, ni à l’ESA parce que la Pologne n'était pas encore un État membre. Ma nationalité n’a en revanche pas posé de problème au CERN, qui est une institution dans laquelle on fait de la technologie très appliquée. Je suis devenu ingénieur-chercheur. Pendant douze ans, j’ai conçu le système de contrôle de puissance et de distribution de puissance pour notre grand collisionneur de hadrons. J'étais aussi l’ingénieur responsable de la machine, pratiquement vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. C’est avec cette expérience opérationnelle que j’ai postulé à l’ESA pour devenir astronaute. J'avais déjà candidaté en 2008 mais, à l’époque, j'étais trop jeune, je n'avais pas suffisamment d'expérience et la Pologne n'était pas un État membre de l’Agence. Les quinze années suivantes, j’ai donc construit toute ma carrière en ayant un peu ce défi dans ma tête : un jour peut-être, j'aurai la chance de postuler à nouveau... Je ne savais pas si je pourrai réaliser ce rêve mais, finalement, l’ESA a lancé une nouvelle sélection en 2021. J’ai donc candidaté et j’ai eu la chance d'arriver en finale.

Finaliste mais « seulement » réserviste : comment vit-on ce résultat ?

C’est évidemment une position assez particulière : être astronaute de réserve, cela veut dire que l’on n’est pas directement employé par l'ESA, que l’on ne participe pas à l'entraînement des astronautes de carrière et qu’il n'y a pas de garantie de mission derrière. Mais j’avais bien conscience, en soumettant ma candidature, que les chances de devenir astronaute de carrière étaient limitées en venant de Pologne. Notre pays est encore nouveau au sein de l’ESA et sa participation reste modérée, comparée à d’autres nations historiques. J’ai évidemment fait de mon mieux pour arriver le plus loin possible mais j’étais également réaliste sur mes chances.

Pierre-François Mouriaux

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