Russie spatiale : le cap est maintenu
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Roscosmos
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En 2024, 17 lancements russes ont permis de placer sur orbite 18 satellites de plus de 100 kg, ainsi que 81 petits satellites. Il s’agit de la sixième année consécutive sans aucun échec au lancement, le dernier remontant à octobre 2018 (Soyouz MS-10), ce qui représente 134 succès d’affilée, dont 113 pour les seuls lanceurs Soyouz-2 de RKTs-Progress. Les 17 lancements de 2024 étaient tous institutionnels, les vols commerciaux sur Soyouz et Proton n’étant plus d’actualité depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Le nombre de lancements institutionnels russes est relativement stable à 16,7 par an en moyenne depuis dix ans, et cette année est donc dans les standards. Toutefois, si le nombre total reste constant, la nature des activités spatiales russes a sensiblement changé. Au cours des deux dernières années, la Russie n’a lancé aucun satellite de télécommunication, ni sur orbite basse, ni sur orbite géostationnaire, ni civil, ni militaire, à l’exception notable des trois prototypes de la constellation Rassviett, la version russe de Starlink de l’entreprise privée Biouro 1440. En revanche, le nombre de lancements liés à l’observation de la Terre, à des fins civile, militaire ou duale a fortement augmenté. Il était compris entre zéro et deux au cours des années précédentes, et il a monté à sept en 2023 et à cinq en 2024. Cette année, Roscosmos a lancé deux Ressource-P à très haute résolution, un Kondor-FKA pour l’observation radar, un Meteor-M pour la météorologie à défilement, et les Forces Spatiales ont lancé un Bars-M pour la cartographie. On pourrait ajouter le déploiement de la constellation Zorki-2M de l’entreprise privée Sputnix qui s’élève déjà à quatre satellites. Ces éléments tendent à montrer que l’observation de la Terre fait l’objet d’une priorité absolue pour Roscosmos dans le cadre du conflit en Ukraine. Le besoin en satellites de télécommunications semble moins urgent mais, surtout, la Russie est dans ce domaine beaucoup plus dépendante des importations, notamment françaises, et les sanctions y ont donc un effet plus important.