Une seconde vie pour le pas de tir Soyouz en Guyane
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P.-F. Mouriaux / Air & Cosmos
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En septembre dernier, le CNES a sélectionné MaiaSpace, la startup qui développe le premier mini-lanceur récupérable européen, pour l’exploitation de l’ancien pas de tir Soyouz du Centre spatial guyanais (CSG), appelé ELS (Ensemble de Lancement Soyouz). Celui-ci, immédiatement reconnaissable avec son portique mobile et son profond carneau, est implanté à l’ouest du CSG, à mi-chemin entre le nouvel ensemble de lancement Ariane 6 (à 6,5 km) et le village de Sinnamary (à 18 km). Les installations ont servi à des lancements Soyouz pour le compte d’Arianespace entre octobre 2011 et février 2022, avant le départ précipité des équipes russes de Guyane, guerre en Ukraine oblige. Le sommet spatial européen de novembre 2023 à Séville, en Espagne, avait acté le transfert au CNES de la propriété des infrastructures du site. L’appel à candidatures pour leur utilisation avec des opérateurs de mini-lanceurs européens avait été lancé en avril suivant. Les critères de sélection exigeaient, entre autres, d’être en mesure de placer sur orbite basse d’ici 2027 des charges utiles d’au moins 1,5 t, ainsi qu’un certain nombre de garanties : modèle économique viable, maturité technique et financière, éco-responsabilité. On ne sait pas officiellement si Avio et Rocket Factory Augsburg, qui développent également des mini-lanceurs de la classe 1,5 t (respectivement en Allemagne et en Italie), avaient candidaté pour l’utilisation de l’ELS. Il semblerait que la société Clemessy (groupe Eiffage) ait pour sa part proposé l’aménagement d’un spatioport ouvert. Par ailleurs, un des lauréats du concours European Launcher Challenge qui sera lancé d’ici quelques semaines par l’Agence spatiale européenne pourrait aussi avoir accès à l’ancienne zone de lancement Soyouz du CSG (le pas de tir à proprement parler ne sera pas partagé).