Débris spatiaux : une urgence à légiférer
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LinkedIn / L. Haye
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Je suis intéressé depuis longtemps par les sciences, l’espace aérien et l’espace tout court, avec un baccalauréat et une Prépa scientifiques (Maths Sup Bio), un DESS d'informatique appliquée, un MBA de cybersécurité puis mes premières armes chez Thales et Aerospatiale. Certes, je n’ai pas pris la voie royale pour devenir pilote mais j'arrive quand même un peu à être dans les airs de temps en temps : j’ai volé sur Airbus A400M, Pilatus PC 21 et même sur Rafale ! Après mon élection comme sénateur en octobre 2020, j’ai rapidement intégré l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Cette délégation parlementaire commune à l’Assemblée nationale et au Sénat a pour but de vulgariser des sujets extrêmement techniques (par l’intermédiaire de notes libres souvent rédigées par un ou une représentante de chaque chambre), de manière à ce que les parlementaires puissent légiférer en connaissance de cause. C'est extrêmement important dans la mesure où nous devons légiférer sur des domaines extrêmement variés, mais que nous ne pouvons ne pas être spécialistes de tout – nous allons aussi bien parler de produits utilisés en agriculture, d’ouvrages d'art, d’infobésité, de stockage des données sur l'ADN… ou de débris spatiaux. Si certains sénateurs font parfois une note scientifique sur l’ensemble de leur mandat de six ans, moi j'en suis à ma quatrième. Celle sur les débris spatiaux date du mois d’avril l’an dernier, et je l’ai rédigée avec Jean-Luc Fugit, député du Rhône (Renaissance), avec qui j’avais déjà travaillé sur le nucléaire. Par ailleurs, je fais partie de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat présidée par Cédric Perrin, qui traite de plus en plus de l’espace depuis quelques années (notamment la création de l'Armée de l'Air et de l'Espace), avec la question récente de la THA (Très Haute Altitude), un domaine particulièrement intéressant dans la mesure où il n'appartient ni à l'espace en tant que tel, ni à l'espace aérien tel qu'on le connaît. Et, quand on parle d’espace aujourd’hui, force est de constater que le nombre de satellites explose : il a été multiplié par dix depuis dix ans – la constellation Starlink y est pour beaucoup – et la question des débris (qui représentent plus de 20 % de la population orbitale) devient préoccupante – en plus de la pollution du ciel nocturne pointée par les astronomes. Et ne parlons pas des destructions volontaires de satellites sur orbite à l’aide de missiles antisatellites comme celle faite par les Indiens en mars 2019 sur MicroSat R… Ainsi la situation s’est-elle grandement détériorée depuis le même essai chinois en janvier 2007 : c'était assurément la chose à ne pas faire. Au moment de la publication de notre note sur le sujet, on comptait 128 millions de débris de plus de 1 mm autour de la Terre, dont 36 000 de plus de 10 cm – ceux qui nous inquiètent le plus... Et un an plus tard, l’ESA parle de 130 millions de débris de plus de 1 mm : il faut savoir qu’il y a 10 000 t de matériels qui tournent autour de nous, ça n'est pas rien. Il faut même modifier de plus en plus souvent la trajectoire de la Station spatiale internationale afin d’éviter des collisions avec des débris : cela signifie que nous sommes désormais dans une phase où il faut surveiller finement ce que l’on envoie dans l’espace, mais aussi les débris que cela génère. Il devient donc urgent de fixer des règles si l’on ne veut pas que se produise le syndrome de Kessler, très bien illustré dans le film Gravity : si un débris vient à percuter un satellite, il va générer d’autres débris qui eux-mêmes vont générer de nombreux débris, ce qui, par effet de boule de neige risque de devenir incontrôlable et de très rapidement saturer l'espace.
Comment vous êtes-vous intéressé à la question des débris spatiaux ?