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Le pas de tir Soyouz endommagé : vers une coupure des vols habités depuis Soyouz ?

Photo de Daniel Chretien

Daniel Chretien

Publié le 28 novembre 2025 à 07:10

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Roscosmos, Tass

Le Magazine

N2976 ● 26 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Ce 27 novembre, une fusée Soyouz a décollé depuis Baïkonour avec à bord l’équipage MS-28 venu relever le segment russe de l’ISS. Mais le décollage semble avoir considérablement endommagé le pas de tir, unique point d’accès à l’espace pour les astronautes russes, et gage de survie de l’ISS.

Le pas de tir 17P31-6 est de ceux qu’on ne peut pas se permettre de perdre. Point de départ des vols Soyouz de transport d’équipage et du cargo Progress, le pas de tir a été endommagé, et il est à craindre qu’il soit inutilisable pendant quelques temps.

Le décollage a eu lieu à 10h27 heure de Paris. Trois heures plus tard, le vaisseau s’est amarré sans encombre à la station, permettant aux astronautes russes Sergei Sud-Sverchkov, Sergei Mikayev, et Chris Williams de la Nasa, qui se trouvait à bord dans un principe d’échange de siège entre Roscosmos et l’agence spatiale américaine. Cet échange permet notamment aux deux pays d’assurer une présence permanente à bord de l’ISS si jamais un des deux accès à l’orbite est en souffrance, comme c’est aujourd’hui le cas à Baïkonour.

Plateforme mobile sortie de ses rails ?

D’après le spécialiste Anatoly Zak, la partie endommagée lors du lancement est appelée « cabine de service », une plateforme de service mobile qui entre en contact avec la base du lanceur lors de son érection sur le pas de tir. Elle permet l’accès à la baie de propulsion des premiers étages de Soyouz lors des derniers préparatifs avant le décollage. Pour la protéger des flammes aux décollage, la cabine se replie dans une sorte de bunker, derrière un bouclier vertical.

Des images aériennes relayées par Zak montrent qu’elle ne s’est pas repliée correctement et qu’elle est tombée au fond du carneau d’évacuation des flammes. La spécialiste du spatial russe Katya Pavlushchenko a précisé que selon plusieurs experts qu’elle a consulté, les verrous maintenant la plateforme au fond de son bunker n’étaient correctement fermés, ou cassés. On ignore pourquoi. L’ampleur des dégâts reste à estimer, mais Anatoly Zak pense que les travaux de réparation pourraient durer jusqu’à deux ans. Dans un communiqué, Roscosmos a fait état de plusieurs composants endommagés, mais qu’ils ont à disposition toutes les pièces de remplacement.

Quelles suites pour l’ISS ?

Il reste à déterminer pendant combien de temps le pas de tir 17P31-6 sera inutilisable. La prochaine rotation de routine du segment russe peut attendre d’office six mois, et probablement quelques mois de plus. Mais sans son pas de tir, la Russie n’est pas en mesure d’envoyer un vaisseau de secours sans passager en urgence si jamais le vaisseau Soyouz MS-28 est endommagé. Cette procédure a déjà été suivie en 2023, la Russie avait envoyé un vaisseau vide remplacer le Soyouz MS-22 après la détection d’une fuite. Plus récemment, la Chine vient de suivre cette même procédure pour remplacer par un vaisseau vide le Shenzhou-20, heurté par un débris spatial. Sans pas de tir, les astronautes de MS-28 seraient-ils contraints de rentrer par précaution ? Pas forcément, si jamais le MS-28 est endommagé, ils peuvent toujours revenir sur Terre à bord d’un Crew Dragon.

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Reste la question des vols Progress, qui ont la charge du ravitaillement de l’ISS en eau et en carburant pour la propulsion de la station. Cela sert aux manœuvres de rehaussement d’orbite, opérées plusieurs fois par an pour éviter de précipiter prématurément la station dans l’atmosphère. Pour remplacer le Progress, la Nasa dispose de deux cargos (Cygnus et Dragon) et le Japon peut aujourd’hui compter sur son HTV-X. Pour les manœuvres de l’ISS, faute de Progress, on peut désormais les confier au Cargo Dragon de SpaceX, apte à le faire depuis août dernier.

Daniel Chretien

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