Défense spatiale : l’écosystème toulousain se prépare
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D’après l’agence AD’OCC de la Région Occitanie, près de 15 000 personnes travaillent dans le secteur spatial dans la région, soit près de 40% des effectifs nationaux d’après l’INSEE. Forte du trio historique CNES – Airbus Defence & Space (ADS) – Thales Alenia Space (TAS), berceau des principales écoles d’ingénieurs et de laboratoires de recherche d’exception, Toulouse héberge aujourd’hui un écosystème spatial extrêmement dynamique. Jusqu’à présent, l’écosystème voguait au gré des résultats d’ADS et de TAS, avec un recrutement cyclique. Désormais, il faut faire face à une complète réinvention : recul de la filière spatial géostationnaire au profit des constellations en orbite basse, maturation du New Space à l’épreuve de l’industrialisation. Une rapide et profonde évolution dominée aujourd’hui par les besoins de la défense.
« Est-ce que nous sommes en économie de guerre à proprement parler ? La réponse est non. Parce que si nous étions en guerre, j’ose espérer que nous ne produirions pas ainsi ». Le 15 janvier 2026, dans son discours aux armées, Emmanuel Macron incitait l’écosystème spatial français à être prêt en cas d’engagement. Citant l’effort ukrainien, il faisait écho à l’agacement présidentiel américain contre sa propre industrie. Tout le monde s’accorde à voir l’espace comme champ de bataille, mais est-ce que l’écosystème français y est prêt ? À Toulouse, c’est devenu la priorité : « On a plus que jamais constaté un rapprochement avec la défense », déclare à Air & Cosmos Catherine Lambert, présidente du club Galaxie, qui réunit les acteurs du spatial de la Région. Ce rapprochement a été marqué par l’inauguration en novembre 2025 du centre opérationnel du Commandement de l’Espace (CDE) sous la houlette d’Emmanuel Macron, qui en a profité pour présenter la stratégie spatiale nationale, comprenant un volet défense riche mais critiqué dans son application. « Il faut améliorer la lisibilité sur les besoins opérationnels, clarifier les calendriers et sécuriser les investissements », précise Catherine Lambert. En effet, les opérateurs du CDE jaugent si les nouvelles applications sont fiables. C’est d’ailleurs l’objet d’une série de missions de démonstration technologique pilotées par l’Agence Innovation Défense de la DGA. Mais même ces missions ont pu faire l’objet de longues tergiversations. Le projet Yoda (satellite de démonstration d’actions tactiques en orbite géostationnaire de la DGA) en a fait les frais : « Environ un an a été nécessaire pour parvenir à une convergence des intérêts de la DGA, de l’Etat-Major des armées, du CDE et du Cnes », a remarqué Nicolas Multan, PDG de la société Hemeria qui partage la maîtrise d’œuvre avec le Cnes.