C'est un anniversaire que tous n'ont pas célébré dans la joie. Voilà dix ans, en juin 2016, près de 52 % des électeurs britanniques s'étaient prononcés en faveur du retrait du Royaume-Uni de la Communauté européenne. Si le bilan est mitigé pour la population britannique, qui a plutôt tendance à regretter son choix, il est surtout contrasté pour le secteur aérospatial.
Selon des données chiffrées pré-Brexit, le Royaume-Uni constituait alors un pilier majeur du secteur aérospatial en Europe, un chef de file de la R&D, qui fournissait environ 120 000 emplois directs et qui en soutenait beaucoup d’autres. Plus d’un million d’articles traversaient chaque année la Manche pour la construction de moteurs d’avions, de satellites, d’ailes ou pour l’assemblage final d’un avion. Au cours des 47 ans d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, ses industriels s’étaient étroitement intégrés à ceux du reste de la Communauté. Par conséquent, des deux côtés de la Manche, l’on s’attendait à ce que le Brexit perturbe le secteur manufacturier britannique. Si des perturbations ont bel et bien été à l’œuvre, celles-ci sont à tempérer au vu des données récentes. Tout d'abord, celles-ci indiquent que les liens industriels entre le Royaume-Uni et l’UE demeurent solides. Ensuite, le Brexit n'est pas le seul facteur qui est venu affecter l'aéronautique britannique. Ainsi, il apparaît très clairement que la pandémie de Covid-19 a entraîné pour certaines entreprises ou groupes des compressions de personnel et une baisse du chiffre d’affaires.