SAF : La filière française de production tarde à se structurer
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« Nous sommes inquiets », c’est de cette manière que Pascal de Izaguirre, président de la FNAM (Fédération nationale de l’Aviation et ses Métiers) lors de vœux de l’organisation à la presse, a longuement abordé le sujet de la constitution de la filière française de production de SAF (« sustainable aviation fuel » ou « carburants d’aviation durable » CAD).
« Nous sommes inquiets parce que les moyens mis en œuvre pour développer cette filière de production française et européenne, que nous appelons de nos vœux, sont très insuffisants, c’est-à-dire 200 millions d’euros. Il y a en plus une menace qui pèse avec une possible annulation des crédits France 2030 qui pourraient peser sur cette filière de production des SAF. De même, Guillaume Faury, PDG d’Airbus et président du GIFAS (ndlr : Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) a tenté de sensibiliser le gouvernement et insisté sur les efforts à faire sur la recherche et développement et sur les coupes prévues sur le budget du CORAC (Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile). Le CORAC n’est pas fait pour se faire plaisir. Cela permet d’obtenir des avancées technologiques qui permettent d’améliorer les performances environnementales des avions », explique Pascal de Izaguirre.
« S’il n’y a pas de SAF ou CAD en France, les compagnies aériennes françaises l’importeront de l’étranger mais à ce moment-là, que deviendraient les créations d’emplois qu’auraient pu apporter la mise en place d’une filière française ? Quid de la souveraineté nationale ? Et qu’en est il de l’indépendance énergétique ? Veux-t-on que l’on soit obliger d’acheter notre SAF aux Etats-Unis avec un Donald Trump qui pourrait être tenté de s’appuyer sur cette dépendance énergétique ? Donc, tout cela est très inquiétant.