Depuis plus de deux mois maintenant, le conflit en Iran perturbe l'économie mondiale, à commencer par celle du transport aérien. L'envolée du prix du kérosène fragilise nombre de compagnies et les annulations de vols se multiplient. Pourtant, les crises sont aussi synonymes d’opportunités, et le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) en est bien conscient. Son président Olivier Andriès, par ailleurs directeur général de Safran, a déclaré en conférence de presse, le 6 mai, que le contexte géopolitique représentait « une opportunité indirecte » pour l’industrie aéronautique européenne dans le domaine de la défense.
Selon lui, la situation actuelle permet de « battre en brèche » deux arguments souvent utilisés par les États pour préférer les matériels militaires américains à leurs équivalents européens : la disponibilité des matériels et leur performance. Car, si la disponibilité rapide des équipements venus d'outre-Atlantique était jusque-là une référence en matière d’achats sur étagère, celle-ci est aujourd'hui remise en cause – en grande partie en raison de l’offensive américaine qui se prolonge en Iran et incite donc le gouvernent à prioriser ses propres besoins au détriment de ses clients export. « Un certain nombre de pays européens ont reçu des messages ces dernières semaines, ces derniers jours surtout, de la part des États-Unis, pour leur dire qu’ils seraient dépriorisés », a énoncé le patron du Gifas. « Un certain nombre de pays en Europe du Nord, en Europe de l’Est, ressentent l’urgence de s’équiper et s’entendent dire aujourd’hui par les Américains qu’ils doivent mettre la priorité à servir leurs propres besoins pour le Golfe ou pour servir les États du Golfe, a-t-il poursuivi. C’est une opportunité supplémentaire pour nous de servir les besoins en Europe. »