Boeing face à l'échéance 2023
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Pour nombre d'observateurs, la situation de déséquilibre dans laquelle se retrouve le duopole Airbus-Boeing depuis les déboires du 737 MAX n'est pas tenable pour le constructeur américain. «Boeing est désormais absent sur deux segments du marché. Celui des avions de 100-150 places que Airbus occupe avec l'A220 et celui des monocouloirs de plus de 200 places, segment sur lequel l'A321 a pris une position dominante et renforcée par ses versions long-courriers », constate Rémy Bonnery, « senior project manager » chez Archery Strategy Consulting.
Un rapport des forces désormais favorable pour Airbus en termes de parts de marché et dont « la trajectoire est balistique » sur les dix prochaines années. Même si Boeing décide de lancer son « NMA ». « Au regard des temps de développement, de certification et de production, le NMA arrivera dans quelques années et donc le rapport des forces en faveur d'Airbus restera inchangé. La problématique n'est pas là. Pour Boeing, il s'agit de fixer le marché avec une offre et éviter que l'écart se creuse encore plus avec Airbus », estime Rémy Bonnery.
Et de poursuivre : « il est indispensable que Boeing réagisse car il ne peut pas se permettre de laisser Airbus sans concurrence pendant une quinzaine d'années. C'est sa seule option car anticiper un remplacement de la famille 737 contraint à attendre la prochaine génération de moteurs avec une entrée en service qui ne se fera pas avant 2035. Le développement de remplaçants aux moyen-courriers actuels est soumis à la disponibilité d'une nouvelle génération de moteurs ».