Titane : la filière aéro a engagé des solutions innovantes
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IRT Saint-Exupéry
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C'est l'un des effets industriels collatéraux du conflit en Ukraine. Le secteur aéronautique français est dépendant pour moitié du titane russe, principalement commercialisé par le fournisseur VSMPO-Avisma. Un précieux matériau qui se retrouve partout, dans le fuselage et les pièces de structure des appareils comme dans les moteurs. Le contexte géopolitique actuel fragilise ainsi de facto la filière, même si d'autres sources d'approvisionnement peuvent être activées par les acteurs de l'aéronautique civil, notamment aux Etats-Unis ou en Arabie Saoudite.
Déjà stratégique avant la guerre, le titane constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour un secteur en plein redémarrage après deux ans de trou d'air. En vue de réduire sa dépendance aux soubresauts incontrôlables de sa filière d'approvisionnement, l'aéronautique doit à tout prix réinventer son rapport au titane, matériau rare et onéreux dont elle a fait au fil des décennies l'un des piliers de son développement technologique. Pour cela, plusieurs leviers complémentaires peuvent être activés. La diversification du sourcing, bien entendu, mais aussi le développement de nouvelles filières innovantes.
C'est notamment le cas à Saint-Georges-de-Mons, en Auvergne, où le groupe Eramet a lancé en 2017 le site EcoTitanium en vue d'élaborer des lingots de titane par recyclage. Un projet porté dès 2015 par trois actionnaires historiques : UKAD, co-entreprise d'Aubert & Duval (leader des aciers haute performance, des superalliages, du titane et de l'aluminium) et du kazakh UKTMP International, mais aussi l'Etat français par l'intermédiaire de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et le Crédit Agricole Centre France.
Concrètement, le site produit des alliages à partir de chutes et de copeaux de titane collectés directement chez les grands constructeurs aéronautiques, mais aussi chez leurs sous-traitants, par le biais de technologies de pointe, comme le four de fusion plasma – permettant de fondre des chutes de tailles très variables – ou encore de refusion sous vide. Une source d'approvisionnement d'autant plus stratégique que ces matériaux sont commercialisés à des prix inférieurs aux lingots produits à partir de titane primaire.