Filière aéronautique : ce que ne disent pas les records d'embauches
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Airbus
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Au vu de la compétition qui s’intensifie sur le marché de l’emploi et des années de crises covid, ce n’était pas gagné d’avance ! Mais les représentants syndicaux que nous avons interrogés (d’Airbus, Safran, et nationaux) sont quasi unanimes pour saluer l’efficacité des politiques RH en matière de recrutements, ainsi que le dynamisme de la filière pour soigner sa marque employeur. Et tous se réjouissent de la manière dont le secteur a su limiter la casse sociale au plus fort de la crise. Florent Veletchy, coordinateur CFTC du Groupe Airbus : « Malgré la baisse d’activité - du jamais vu dans le secteur ! - des années covid, le secteur a tout de même misé sur l’avenir et celui-ci nous a donné raison. » Quand il compare aux milliers de personnes embarquées dans des plans sociaux ailleurs, il estime qu’Airbus « a bien fait ça, avec uniquement des départs volontaires, ce qui n’est pas le cas de toutes les entreprises. »
« Malgré le grand plan social de 2020 et les mois compliqués dus à la crise covid, depuis 2022 les effectifs d’Airbus ne font que remonter. En 2023, 3.500 personnes ont été embauchées chez Airbus en contrat CDI, ce qui est une bonne nouvelle ! », se réjouit Hervé Pinard, coordinateur CFDT Airbus Defence & Space Toulouse. Du côté de Safran, le recrutement n’est pas non plus un motif d’inquiétude. « Aujourd’hui, chez Safran en France, on a dépassé le nombre de salariés d’avant la crise covid. Ce sera aussi le cas en 2024 pour l’ensemble du groupe au niveau international. En 2023, l’entreprise a embauché 18.000 personnes dans le monde entier, je ne sais pas si vous vous rendez-compte ! Donc, malgré un contexte compliqué puisque la demande d’embauches est grande chez tout le monde, Safran ne s’en tire pas si mal que ça », souligne Patrick Potacsek, coordinateur Syndical Groupe Safran CFE-CGC.
A part pour certains métiers très spécifiques, Ludovic Andrevon, Président CFE-CGC Aéronautique Espace & Défense, préfère d’ailleurs éviter le mot « pénuries ». « Ou alors avec un petit ‘p’ car les entreprises de l’aéronautique recrutent. Nous voyons que le GIFAS se met en ordre de marche pour être beaucoup plus visible et accélère le mouvement. Même si les jeunes ne se précipitent pas vers les filières techniques, je ne pense pas que notre filière soit celle qui fasse le moins rêver. Je constate au contraire que l’avion bashing ne détourne pas tant que ça les candidats de la filière, dont le discours est très construit et porteur d’une vérité : si l’on veut continuer à s’ouvrir au monde, on ne peut pas se passer d’avions. » A cela s’ajoute la grande transformation en cours pour la décarbonation du secteur. « Je pense que tous les DRH sont à fond sur les questions de recherche de sens et tentent de proposer une vision qui attire les salariés. »
Nos différents interlocuteurs syndicaux sont ainsi globalement satisfaits des politiques RH, qui vont « dans le bon sens », et qui reposent sur « un dialogue social plutôt constructif dans la filière » : les nombreux partenariats avec les écoles, les dispositifs pour la reconversion professionnelle, les plans de formation proposés par les entreprises et les opportunités d’évolution, les accords qui se mettent en place pour rendre l’environnement de travail plus attractif et plus en phase avec l’évolution de la société (télétravail, parentalité, qualité de vie au travail et santé…), l’insertion des jeunes, les mesures liées à l’inclusion et la diversité…
Autre motif de satisfaction : une mixité qui devient de plus en plus visible. « La féminisation des équipes se voit aussi bien dans les ateliers qu’au niveau des hauts dirigeants, ce qui veut dire que l’entreprise joue le jeu, et on s’en félicite », souligne par exemple David Dijoux, coordinateur FO Safran.
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Cette plus grande mixité, Florent Veletchy (CFTC) l’observe aussi dans les lycées professionnels. Comme levier d’attractivité de son entreprise, il souligne également la tendance, au sein d’Airbus, à une simplification et harmonisation d’un certain nombre de pratiques RH. « On a revu tous nos accords d’entreprises, si bien qu’aujourd’hui, entrer chez Airbus du côté avions, hélicoptères, défense, espace ou autre, vous donne le même statut social, le même nombre de jours de congés, la même structure de rémunération… Et puis surtout, on a rendu les choses attractives pour les jeunes générations. Avant, il fallait attendre des années pour avoir des jours de congé d’ancienneté. Aujourd’hui, tout le monde a la même chose, anciens comme nouveaux. »