A l'ESTA, on apprend aussi à assembler un avion
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Le projet Haegelen est né d'une boutade. Une visite d'un groupe d'étudiants de l'Ecole Supérieure des Technologies et des Affaires (ESTA) sur la base aérienne 116 de Luxeuil est l'occasion d'un échange avec son commandant de l'époque, le colonel Arnaud Bouilland. Ce dernier glisse dans un sourire : « ce n'est pas compliqué de construire un avion ». « Nos étudiants suivent des cours de mécanique, de conception mécanique et effectuent leurs TP dans les salles de l'Université technologique de Belfort-Montbéliard. Pourquoi, en effet, ne pas les mettre sur un TP à taille réelle», se rappelle Laure Viellard, directrice de cette école implantée à Belfort.
Une école au cursus original et dont l'objectif est de former des ingénieurs d'affaires sur cinq ans. «L'ESTA est née en 1986 du constat de l'époque que les étudiants ingénieurs ne savaient pas vendre et que les étudiants, issus d'écoles de commerce classiques, étaient incapables de parler technique. La Chambre de Commerce et d'Industrie et les industriels du Territoire ont donc décidé d'impulser cette double compétence », raconte Laure Viellard. Une démarche qui a inspiré depuis d'autres écoles : au cursus d'ingénieur, on peut en effet ajouter un mastère en management, par exemple.
«Mais, c'est plus une juxtaposition de savoirs alors qu'à l'ESTA, nous sommes dans l'hybridation des savoirs », souligne la directrice d'une école à l'origine consulaire et désormais EESPIG pour établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général. Ce qui signifie justifier d’une gestion désintéressée et s’engager sur le caractère non lucratif de son activité avec les mêmes devoirs que dans le public. Comme «accueillir des étudiants boursiers et faire de la recherche publique avec des enseignants chercheurs à demeure ». C'est d'ailleurs l'un d'entre eux, Daniel Schlegel qui porte aussi le projet Haegelen.
Ce normalien diplômé de l'ENS Cachan et d'une agrégation en Génie mécanique a participé à plusieurs projets aéronautiques. L'un avec Airbus Nantes sur « le perçage carbone-titane. Le sujet était assez stratégique à l'époque car l'assemblage carbone-titane use beaucoup les outils, dix fois plus, voire cent fois plus que pour un assemblage carbone-aluminium. Donc, avec Airbus Nantes, nous avons essayé de trouver des outils plus efficaces et plus durables », raconte-t-il. Plus large a été le travail réalisé pour les Avions Mauboussin : prototypage des ailes, process d'encollage,....