Seclin : aux origines de la montée en puissance du Rafale
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Dassault Aviation, V. Almansa
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Dassault Aviation, V. Almansa
À l'entrée du site de Seclin, au sud de Lille (Nord), un Mirage IIING retapé par les personnels de l'usine en 2011 monte la garde, épaulé par deux ruches. La ruche, c'est aussi le qualificatif de l'usine elle-même : elle tourne en 2x8 et 3x8 selon les services, sept jours sur sept. Ici, à part le Mirage IIING, il ne faut pas chercher d'autre avion à dix lieues à la ronde : cette usine de Dassault Aviation fabrique le squelette et la peau des Rafale et Falcon.
David Fanutza, le directeur du site, énumère, tableaux statistiques à l'appui, ses indicateurs : ils sont tous dans le vert. En moins de dix ans, le nombre de pièces fabriquées a été « multiplié par dix » constate-t-il, un sourire aux lèvres, tandis que « l'effectif a été multiplié par deux ». C’est le résultat du plan décidé il y a bientôt dix ans par Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, pour réorganiser la « Maison », avec notamment la fermeture de l’usine d’Argenteuil l’été dernier. Mais c’est surtout celui des succès commerciaux du Rafale. Le « gouffre à milliards », tel que décrit à la Une de l'Express en 1987, s’est transformé en corne d’abondance pour l’avionneur et les 400 sociétés qui concourent au programme.
Pas de doute sur ce point, c’est bien l’avion de combat qui est au cœur de l’activité aujourd’hui. « En 2025, 70 % des pièces ont été destinées au Rafale », assure encore David Fanutza. Deux ans et demi avant son homologue de Mérignac – c’est-à-dire le temps nécessaire pour passer de la pièce primaire à la chaîne d'assemblage – il voit les cadences de Rafale augmenter à toute allure. Ici, nous pouvons sentir le pouls de la cadence Rafale, explique également G., le directeur de la production (anonymat demandé par la société pour ses collaborateurs pour raisons de sécurité) : « Nous nous situons très en amont, deux ans et demi avant l'assemblage. Pour un Rafale qui sera livré dans trois ans à Mérignac, nous faisons le copeau ici, maintenant ».
Dassault Aviation atteindra dans le courant de cette année la cadence 3, soit trois appareils produits par mois à Mérignac (contre moins d’un dans la décennie écoulée), et la cadence 4 en 2028-2029. Ce qui pourrait encore évoluer avec de nouvelles commandes attendues à l'export, ou d'éventuelles adaptations du schéma industriel, avec dans l'équation, désormais, un solide partenaire indien.