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Air & Cosmos

Face à Boeing, Airbus montre qu'il garde une longueur d'avance

Photo de Léo Barnier

Léo Barnier

Publié le 26 février 2026 à 05:00

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Airbus évalue le milieu de marché à  5 000 avions sur 20 ans.

Airbus évalue le milieu de marché à 5 000 avions sur 20 ans.

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N2973 ● 05 juin 2026

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La compétition s'est resserrée dans le duopole des avionneurs mondiaux. Le constructeur américain a signé un retour inespéré il y a encore peu, mais son concurrent européen reste le plus rentable, en dépit de perspectives encore contrariées par le motoriste Pratt & Whitney.

Il y a un mois, Boeing faisait forte impression en revenant dans le vert pour la première fois depuis 2018. De quoi soulever un certain enthousiasme au vu de la période noire qu'il venait de traverser. Pourtant, force est de constater qu'il est encore en redressement quand Airbus continue de se développer avec une rentabilité renforcée. Le 19 février, l'avionneur européen a publié des résultats financiers 2025 conformes à ses prévisions – c’est-à-dire records. Ils étaient même légèrement supérieurs aux attentes, bien qu’Airbus ait raté son objectif de livraisons en raison d’un problème de qualité survenu en fin d’année. Il progresse ainsi fortement sur tous ses principaux indicateurs et entend bien poursuivre sa croissance cette année. 

« 2025 a été une année marquante, caractérisée par une très forte demande pour nos produits et services dans tous nos secteurs d'activité, des résultats financiers records et des étapes stratégiques importantes. Nous avons su naviguer avec succès dans un environnement opérationnel complexe et dynamique pour atteindre nos objectifs actualisés », a analysé Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus. Son homologue chez Boeing, Kelly Ortberg, concédait volontiers pour sa part « ne pas avoir  totalement surmonté les difficultés », mais « posé les bases de (son) redressement avec des performances renforcées et un carnet de commandes record à travers (ses) différents secteurs d'activité ». 

Croissance globale

Les deux groupes ont bénéficié d'un contexte favorable à la hausse de la production, avec une demande forte dans les différents segments d'activité, aéronautique civile, défense et spatial. Ce qui leur a permis de remplir des carnets de commandes déjà largement garnis, en grande partie par des avions commerciaux : à fin 2025, Airbus avait encore 8 754 appareils à livrer, et Boeing plus de 6 100. Côté européen, le marché des hélicoptères ou encore celui du spatial se sont avérés très porteurs, avec des prises de commandes en croissance. Le point noir vient de l'A400M dont le carnet de commandes s'épuise, avec une fermeture de la chaîne fin 2028 en l'absence de nouveaux contrats d'ici là. Outre Atlantique, c'est la division Boeing Global Services qui a enregistré un record de 28 Md$ de commandes (environ 24 Md€), tandis que la défense profite toujours de l'immense volume de commandes du Pentagone. 

Au moment de faire le total sur l'année, le point revient à Boeing, dont le carnet de commandes d'avions commerciaux a bondi grâce au différentiel entre ses ventes nettes (1 173 appareils) et ses livraisons (600 appareils). Le groupe accroît ainsi son carnet de commandes, toutes divisions confondues, à 682 Md$ (578 Md€), soit 160 Md$ de plus qu'à fin 2024. Airbus n'a pas bénéficié d'un tel ratio, avec 889 ventes nettes pour 793 livraisons. Touché par la baisse du dollar, il voit même la valorisation de son carnet de commandes global légèrement reculer à 619 Md€ (730 Md$). Il garde donc une longueur d'avance, mais l'écart s'est sensiblement réduit. 

Léo Barnier

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