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Aéroport de Toulouse : les Chinois raflent la mise

Photo de Léo Barnier

Léo Barnier

Publié le 05 décembre 2014 à 13:51

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Aéroport de Toulouse : les Chinois raflent la mise

Peu le voulaient, le Gouvernement l'a fait. Michel Sapin, ministre des finances et Emmanuel Macron, ministre de l’économie, ont annoncé avoir sélectionné le consortium chinois Symbiose pour la cession de quasiment la moitié du capital de l'aéroport de Toulouse. Cette décision, dévoilée jeudi 4 décembre dans la soirée, entérine la volonté de l'Etat de se désengager des grands aéroports régionaux au profit d'acteurs privés. Elle semble marquer aussi la prédominance de l'intérêt financier sur les volontés locales.

Symbiose va donc acquérir 49,99 % sur les 60 % que détient l'Etat dans la société Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB). Il devient ainsi le principal actionnaire de la société concessionnaire, qui gère la plateforme – et non de l'aéroport lui-même qui reste propriété exclusive de l'Etat. Le consortium n'est pas majoritaire pour autant  : l'Etat conserve 10,1 % du capital et a annoncé sa volonté de conserver cette part. Le reste de l'actionnariat se réparti entre la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse à hauteur de 25 % et les collectivités territoriales (la région Midi-Pyrénées, le département de la Haute-Garonne et la communauté urbaine de Toulouse Métropole) qui en possèdent  5 % chacune. La majorité restera donc publique au sens large.

Avec 308 M€, l'offre de Symbiose était la mieux disante. Les deux ministres ont annoncé qu'ils n'avaient pas basé leur choix uniquement sur l'aspect pécuniaire. Ils déclarent ainsi s'être basés sur l’avis rendu par les actionnaires publics locaux et avoir «  tenu compte de la nécessité d’assurer le respect des intérêts patrimoniaux de l’Etat, mais également de l’ensemble des objectifs, fixés dans le cahier des charges, tels que la garantie du respect des contrats de concession, la qualité du service public ou encore le développement de l’outil industriel et de l’emploi associé.  » Symbiose aurait ainsi garanti la pérennité de la direction actuelle ainsi que celle de l'emploi. Le consortium s'est aussi engagé à «  associer étroitement  » les acteurs locaux à la gouvernance.

Certaines voix se sont pourtant élevées contre cette décision, à commencer par Bernard Keller. Le maire de Blagnac (PRG) n'a pas tardé à déclarer par voie de communiqué  : «  Je regrette ce choix. Je regrette que le critère essentiel du choix affiché par le Ministre de l’économie soit le prix. Cette offre n’est pas, pour moi, la meilleure au regard de nos attentes économiques et sociales.  » Il associe  également les autres acteurs locaux à sa vigilance et sa mobilisation et attend désormais «  du nouvel actionnaire privé qu’il dissipe les inquiétudes.  »

Des critiques ont également été portées sur le fait d'accorder l'appel d'offres à un groupe chinois plutôt qu'à l'un des deux spécialistes français qui s'étaient portés candidats  : Aéroports de Paris associé à Predica (filiale du Crédit Agricole) ou Vinci qui avait fait une offre en partenariat avec CDC Infrastructure (Caisse des Dépôts) et EDF Invest. Le dernier candidat était le fonds luxembourgeois Cube Infrastructure

Le consortium Symbiose est constitué du groupe public chinois Shandong Hi-Speed Group et du fonds hongkongais Friedmann Pacific Asset Management. Ils disposent déjà d'une expérience dans l'investissement aéroportuaire. Ils seront également assistés sur le plan opérationnel par le canadien SNC-Lavalin, qui gère déjà 16 aéroports de (bien) moindre importance en France, ainsi que l'aéroport de Shenzhen. Symbiose vise un trafic de 18 millions de passagers en 2046 contre 7,5 en 2013.

Léo Barnier

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