Avion décarboné : interview croisée de Jean-Baptiste Djebbari et de Jean-Brice Dumont
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1) Il y a un an, le gouvernement dévoilait sa feuille de route vers un avion encore plus propre avec à la clef 1,5 Md€ d'aides à la R&D sur trois ans. Que s'est-il passé depuis ? Quelles sommes ont d'ores été déjà concrètement débloquées du côté des pouvoirs publics ? Et du côté des industriels, quels sont les premiers travaux qui ont été enclenchés ?
Jean-Baptiste Djebbari : Sur ces 1,5 Md€ d’aides, nous devrions avoir engagé 1 Md€ à la rentrée, ce qui est tout à fait conséquent. Nous avons réalisé un travail colossal de structuration des besoins exprimés. Des premiers travaux ont été lancés sur toutes les thématiques annoncées : l'ultra-sobriété native des aéronefs, l'avion régional hybride, les futurs avions d'affaires, le futur hélicoptère hybride, la mobilité urbaine aérienne. Ces investissements vont donner à voir rapidement des résultats concrets. Nous pouvons nous en satisfaire. Ensuite, se posera la question de la suite du plan de relance. Notre objectif est de ne pas caler : l'effort de recherche publique-privée a vocation à perdurer.
Jean-Brice Dumont : Avant d'évoquer le contenu de ce plan, il faut souligner que le plan de relance a permis de préserver des emplois dans un secteur dans lequel l'avance technologique est clef. Du fait de la crise, nous avons été affectés mais nous avons réussi, grâce à ce plan de relance, à protéger un peu partout dans l'écosystème les emplois là où ils étaient nécessaires pour faire de la technologie, pour préparer l'avenir. Si nous voulons avoir l'avion de demain, le moteur de demain, le système de demain, l'hélicoptère de demain, il est vital d'avoir les gens compétents et c'est ce que ce soutien nous permet de faire sur les premières années.
Dans le contenu, nous nous sommes mis en marche et, même si il est difficile de sortir des livrables concrets très rapidement dans une industrie aux cycles longs,nous avons mûri et mis en place nos plans de maturation de l'hydrogène, sujet prévisible de l'aviation commerciale, mais aussi des gros sujets de systèmes, avec par exemple le contrôle des opérations aériennes qui permettent de gagner beaucoup en efficacité, en durée de vol et donc en émissions. Tous les segments ont pu mettre en place leur feuille de route avec un maximum de synergies technologiques.
2) Quel est le rôle du CORAC dans la mise en place et le suivi du dispositif ? Pour beaucoup, ce rôle n'est pas clairement établi, défini, notamment pour les PME. Ce qui peut donner lieu à toutes sortes d'interprétations.
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Jean-Baptiste Djebbari : Concrètement, la DGAC est en charge de la mise en place du soutien à la R&D, et elle s'appuie sur le CORAC pour élaborer des briques technologiques et identifier les priorités. Celui-ci, que je préside, associe les grands industriels, mais aussi le GIFAS et notamment son Comité Aero-PME. Pour les ETI et les PME, nous avons mis en place un programme de soutien spécifique. Nous avons aussi consacré 100 M€ sur le 1,5 Md€ à des projets portés par les PME et les start-ups. Et j'ai souhaité aller un cran plus loin, en créant l’Agence de l'Innovation pour les Transports. Son objectif est de simplifier, coordonner, amplifier les nombreux dispositifs de soutiens à l'innovation qui existent déjà ou qui émergent : bref, de mieux accompagner tous ceux qui innovent.
Jean-Brice Dumont : Nous avons mis en musique cette nécessaire implication des PME et du tissu industriel. Nous avons des projets dans pratiquement toutes les régions : les pointes avant dans les Hauts de France, le propulsif en Ile de France et bien évidemment un certain nombre de sujets en Occitanie. Nous avons regardé deux points : le pourcentage qui était en propre pour les ETI et les PME ainsi que le pourcentage sous-traité aux ETI et aux PME dans les activités de recherche des grands groupes comme Airbus.