Transport aérien européen : une nouvelle consolidation en cours
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Traditionnellement, après une crise majeure qui touche le secteur du transport aérien, il y a toujours un effet retard de consolidation au sein des grandes compagnies aériennes mondiales. Cela avait été le cas à grande échelle après les attentats du 11 septembre 2001, et c'est encore le cas après les deux années extrêmement difficiles que vient de connaître le transport aérien mondial à cause des effets de la crise consécutive à la pandémie de la Covid-19. Certaines compagnies seront ressorties très affaiblies de cette période difficile et sont des proies plus faciles pour les grands groupes aériens, notamment en Europe. Après bien des allers-retours et des tergiversations, le rachat de la compagnie Air Europa par le groupe IAG (International Airlines Group) semble maintenant en voie de finalisation.Le groupe aérien, réuni autour de British Airways et Iberia, a en effet annoncé tout récemment le rachat des 80% restants de la compagnie espagnole, auprès de son actionnaire le groupe Globalia, pour la somme de 400 M€.
Au total, c'est donc 500 M€ que le rachat d'Air Europa va coûter au groupe IAG. En effet, IAG avait annoncé en août jernier la conversion en actions équivalentes à 20% du capital d'Air Europa d'un prêt de 100 M€ à Air Europa. Les intentions d'IAG concernant Air Europa remontent à 2019. À l'époque, le groupe avait annoncé vouloir racheter la compagnie espagnole pour un montant qui était fixé à cette jate à 1 Md€. Mais la survenue de la crise du transport aérien liée à la pandémie de la Covid-19, qui avait amené le groupe IAG à diviser son offre de rachat par deux, ainsi que les fortes réticences de la Commission européenne, inquiète d'une réduction de la concurrence sur le marché espagnol (le groupe comprend déjà les compagnies Iberia et Vueling), avaient conjuit IAG à annoncer dans un premier temps la résiliation de l'accord de rachat d'origine. À noter que l'accord est toujours soumis aux « « approbations réglementaires », une période d'examen qui pourrait s'étendre sur dix-huit mois. S'il est mené à bien, le groupe IAG devra certainement lâcher du lest sur le marché espagnol pour garantir des conditions de concurrence optimales.Au moment où la Commission européenne avait fait état de ses réticences, IAG avait annoncé avoir conclu un accord avec Volotea de reprise de certains slots pour renforcer la concurrence sur le marché intérieur espagnol. Mais il y a fort à parier que IAG doive aller plus loin. En effet, la Commission européenne avait évoqué un total de 70 liaisons, notamment entre l'Espagne et l'Amérique du Sud, sur lesquelles Iberia et Air Europa étaient soit les principaux, soit les seuls opérateurs.