Moyen-Orient : le vrai/faux décollage de Riyadh Air
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Rarement une compagnie aérienne aura autant « feuilletonné » le laps de temps s’écoulant entre l’annonce officielle de sa création et le lancement officiel de ses premiers vols commerciaux. Qu’elle semble loin cette réception de juin 2023 à l’hôtel Crillon, en amont de l’avant-dernier Salon aéronautique du Bourget, où Tony Douglas, directeur général de Riyadh Air était venu annoncé la création et le lancement officiel de la deuxième compagnie nationale saoudienne. Plus de deux ans et demi après, Riyadh Air n’a toujours pas lancé ses premiers vols commerciaux même si elle n’est pas seule responsable de ce retard, et qu’elle a été impactée par le rallongement de délais de livraisons des premiers avions de sa flotte.
Ceci étant dit, il semble que la deuxième compagnie saoudienne ne soit maintenant plus qu’à quelques semaines du lancement effectif de ses opérations commerciales. Le 26 octobre dernier, Riyadh Air a ainsi lancé son premier vol long-courrier opérationnel entre l’aéroport King Khalid de Riyad et Londres-Heathrow. Le vol RX401 a décollé à 3h26 du matin heure locale, et a atterri en Grande-Bretagne après un temps de vol de 6 heures et 48 minutes. Ce vol n’était néanmoins pas un véritable vol commercial accessible à la réservation puisque ses passagers étaient constitués de représentants du personnel de Riyadh Air, du Fonds saoudien d’Investissement Public (PIF) et des passagers spécialement invités. Le vol a été opéré avec un Boeing 787-9, qui a été d’abord loué auprès de la compagnie Oman Air. Il s’agit en fait de ce qu’en aviation civile, on appelle un « spare », c’est à dire un avion de réserve mobilisable en cas de défaillance technique. En ayant opéré cet premier vol spécial, Riyadh Air a ainsi rempli in extremis sa promesse de lancer ses activités en 2025, tout en gardant la précieuse paire de créneaux horaires qu’elle avait récupéré en juin dernier, suite à la libération de créneaux auparavant détenus par la compagnie bmi, dans le cadre de son rachat par British Airways. Rappelons en effet que, selon une règle traditionnelle, les compagnies aériennes doivent sur une saison aéronautique opérer au moins 80% des créneaux horaires obtenus vers un aéroport européen donné sous peine d’en perdre le bénéfice à la saison aéronautique suivante, selon le principe dit « use it or loose it » (« Utilise le ou perds le »). Quand Riyadh Air recevra enfin les deux premiers Boeing 787-9 de sa flotte, vraisemblablement avant la fin de l’année, la compagnie saoudienne sera enfin en mesure d’ouvrir les vols à la réservation sur la liaison Riyad-Londres-Heathrow qui devrait être exploitée en service quotidien. Riyadh Air sera la quatrième compagnie à opérer la liaison, après British Airways (deux vols quotidiens), Saudi (trois vols quotidiens) et Virgin Atlantic (un vol quotidien). Riyadh Air a prévu ensuite d’ouvrir un second vol vers Dubaï.