Sofins 2017 : Interview, l'armée de l'Air et les opérations spéciales
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Un opérateur du CPA10 met en oeuvre un drone
JFechter-Armee De L'air
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Un opérateur du CPA10 met en oeuvre un drone
JFechter-Armee De L'air
Le général André Lanata, chef d'état major de l'armée de l'Air revient pour Air & Cosmos sur le rôle de l'armée de l'Air dans les opérations spéciales. Retrouvez un dossier complet sur les forces spéciales et la troisième dimension dans le dernier numéro d'Air & Cosmos. Retrouvez également cette semaine, sur notre site, une couverture quotidienne du salon Sofins dédié aux forces spéciales.
A&C : Quelles sont les capacités que les forces conventionnelles de l'armée de l'Air peuvent apporter aux opérations spéciales ?
Général Lanata : Je voudrais commencer par apporter une précision. Les forces spéciales sont des forces conventionnelles, au sens « non nucléaires », et « non clandestines ».
Ensuite, il est certain que dans le contexte d’engagement actuel, et tout particulièrement dans les opérations de lutte contre le terrorisme, les forces spéciales (FS) constituent un avantage opérationnel indéniable et une réponse particulièrement adaptée à un ennemi asymétrique.
Dans ce contexte, l’atteinte des effets recherchés dans les opérations spéciales (réactivité, mobilité, discrétion, fulgurance, ubiquité) rend naturelle et même indispensable l’exploitation des atouts de la troisième dimension.
Ainsi, le développement du fait aérien et du « système forces spéciales » sont donc intrinsèquement liés, les modes opératoires mis en œuvre par un système de forces aérien complet et cohérent bénéficiant directement à la conception et à l’efficacité des opérations spéciales dans leur globalité.
La contribution de l’armée de l’air aux opérations spéciales est de deux types :
• Le premier est une contribution dédiée, sous la forme d’unités des forces spéciales appartenant à l’armée de l’air, et mises pour emploi auprès du commandement des opérations spéciales. Ce sont le Commando Parachutiste de l’Air numéro 10, l’escadron de transport Poitou, tous deux stationnés sur la base aérienne d’Orléans et l’escadron d’hélicoptères Pyrénées, stationné sur la base aérienne de Cazaux. Chacune de ces unités détient des expertises spécifiques à l’exploitation de la troisième dimension au profit des opérations spéciales (pénétration et insertion discrète dans la profondeur, prise de contrôle et sécurisation d’une zone aéroportuaire, guidage d’aéronefs de combat, par exemple).
• Mais le fait aérien dans les opérations spéciales dépasse le seul périmètre des unités des forces spéciales air. C’est la deuxième forme de contribution de l’armée de l’air aux opérations spéciales, plus globale, au travers de très nombreux moyens non étiquetés « forces spéciales » : drones de longue endurance, moyens ISR, avions de chasse emportant des bombes guidées, moyens de communication longue distance, ravitaillement en vol, moyens de commandement et de contrôle de la 3D, liaison de données tactiques, etc…. Ainsi, c’est bien le système de combat que forme l’armée de l’air dans toute sa cohérence qui garantit l’efficacité de l’engagement au profit des opérations spéciales.