L’A400M privé de démo en vol à Farnborough
Rédaction Air & Cosmos
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Après le Bourget en 2011, Farnborough risque également d’être un rendez-vous manqué pour l’A400M. Airbus Military a confirmé ce matin que l’avion ne serait pas présenté en vol lors du salon aéronautique qui se tiendra la semaine prochaine en Grande-Bretagne. "Grizzly 5", le cinquième prototype, sera uniquement présent sur l’exposition statique.
Comme l’an dernier à Paris, c’est un problème dans le boîtier réducteur de puissance (ou PGB pour Propeller Gearbox) qui est en cause. Par mesure de précaution, le constructeur préfère pour le moment restreindre les vols de démonstration à basse altitude de son avion.
Pour autant, l’A400M devrait réaliser quelques passages bas en formation avec un C-17 et MRTT de la RA lors du Royal International Air Tattoo qui aura lieu ce week end à Fairford. Durant la manifestation, le quadrimoteur à hélices sera officiellement baptisé "Atlas".
C’est la troisième fois en un an qu’une avarie survient sur la PGB. En juin 2011, un problème de résonance avait entraîné la casse d’un pignon sur l’un des avions d’essais, et l’A400M n’avait pas pu faire de démonstration en vol au Bourget. Au printemps dernier, c’est de nouveau un problème sur ce boîtier réducteur qui avait entraîné l’immobilisation de "Grizzly 4" pendant près d’une semaine à Oman. La semaine dernière, c’est un problème de pollution (présence de débris métalliques) dans le circuit d’huile de la PGB qui a été détecté.
Cette toute récente avarie a conduit à stopper temporairement les essais de "route proving" démarrés au début du mois de juin. Pour le moment, 160 des 300 heures de ces essais été réalisées. La conclusion de ceux-ci permettra à Airbus d’obtenir le certificat de type (TC) de l’A400M des mains de l’AESA.
C’est l’industriel italien Avio qui a conçu le boîtier réducteur du turbopropulseur TP400. Ce dernier, bien que certifié par l’AESA, n’a visiblement pas le niveau de maturité technique souhaité. C’est l’une des conclusions d’un rapport publié ce matin par la commission des affaires étrangères et de défense du Sénat.
"Il subsiste toujours aujourd’hui des incidents qu’il convient maintenant de traiter définitivement et de façon d’autant plus urgente que des échéances clés du programme se rapprochent (certifications civile et militaire). "Ce point doit demeurer sous étroite surveillance", ont noté les rapporteurs, estimant néanmoins que les avaries du TP400 ne sont pas de source à empêcher une première livraison à l’armée de l’Air entre janvier et mars 2013.
Le Sénat dresse un bilan globalement positif du programme, à l’exception de la mise en place du soutien : "la satisfaction légitime que l’on peut tirer de la livraison imminente des appareils contraste avec les inquiétudes que l’on peut avoir quant à la mise en place d’un soutien commun". Les rapportent regrettent notamment que les nations européennes ne mènent pas ensemble et en même temps les négociations sur le soutien de leurs avions avec Airbus Military. De même, le fait qu’aucun pot commun de pièces de rechange ne soit mis en place au niveau de l’Europe est vivement critiqué.
Plus de détails sur ce rapport intitulé "A400M : tout simplement le meilleur" dans notre numéro 2320, à paraître le 6 juillet 2012.
Rédaction Air & Cosmos