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Choix du F-35 par la Finlande : quels critères pour cette décision ?

Photo de Xavier Tytelman

Xavier Tytelman

Publié le 14 décembre 2021 à 16:57

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La force aérienne finlande sera le neuvième utilisateur du F-35, faisant de l'appareil de Lockheed Martin le chasseur le plus répandu en Europe.

Une compétition ouverte

La flotte de l'armée de l'air finlandaise a largement évolué dans les dernières décennies : après un parc mixte de Mig-21 soviétiques et de Saab 35 Draken (la Finlande n'étant officiellement alignée sur aucun des blocs de la Guerre Froide), le pays a réceptionné 64 F/A-18C et D entre 1998 et 2000 dont le retrait doit avoir lieu à horizon 2030.

C'est dans ce cadre que le programme HX d'acquisition d'un nouvel avion de chasse multimission a été initié en 201 pour l'armée de l'air finlandaise, avec un budget qui ne doit pas dépasser 10 milliards d'euros pour l'acquisition d'environ 64 appareils, hors frais de développements ultérieurs et maintenance.

L'appareil choisi devra être capable de conduire des assauts sur terre et mer, protéger le pays contre des intrusions aériennes, être capable de s'intégrer aux systèmes d'armes du pays et doit posséder des capacités de guerre électronique (GE) offensive. Cinq avionneurs répondent aux exigences du pays : 
- Boeing avec un binôme de 50 F/A-18 E/F Super Hornet et 14 EA-18G Growler dédiés à la GE,
- Lockheed Martin avec le F-35A,
- l'Eurofighter Typhoon dans sa Tranche 4, d'Airbus Defense & Space,
- une combinaison de 64 Saab JAS 39 Gripen E/F associé à 2 avions GlobalEye de GE,
- le Rafle de Dassault au Standard F4.

Une compétition largement ouverte donc, avec des évaluations conduites dans le pays entre le 9 janvier et le 26 février 2020.

Le Saab Gripen E et un GlobalEye AEW&C (Airborne Early Warning and Control)
Le Saab Gripen E et un GlobalEye AEW&C (Airborne Early Warning and Control) (Crédits : Saab)

Le Rafale, l'Eurofighter et le F/A-18 favoris

Lockheed veut réaliser une démonstration de force et décide donc d'envoyer quatre appareils pour participer aux évaluations, contre deux avions demandés par les organisateurs et déployés par les autres compétiteurs. Pour des raisons logistiques, seuls deux F-35 réussissent à rejoindre la Finlande, et seul un des appareils est pleinement opérationnel, le deuxième n'arrivant à réaliser que 60% du programme de vol. Le froid provoque un défaut logiciel interdisant le démarrage de l'avion, les batteries apparaissant (à tort) comme déchargées. Aux yeux de nombreux observateurs, le F-35 est alors pour ainsi dire éliminé.

Trois avions se démarquent clairement : le Rafale, le Typhoon, et le F/A-18, et les médias locaux précisent que les offres de Dassault et de Boeing ont plus particulièrement retenu l'attention du jury. La plupart des observateurs estiment alors que le F/A-18 serait l'avion choisi par la Finlande, à la fois grâce à la forte capacité de GE du Growler qui lui est associé, mais aussi pour de simples raisons diplomatiques : la puissance américaine pèse davantage que la simple acquisition d'avions de chasse s'il fallait se protéger contre un retour actif de la Russie dans la zone.

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Des propositions financières détaillant également les équipements proposés ont été fournies à l'automne, puis un ultime wargame permettra de départager les meilleures offres.

Le F-35 contre-attaque

Le détail des propositions n'est en général pas communiqué, mais Lockheed Martin en a au contraire révélé de larges parts : des créations d'emploi de haute technicité en Finlande pendant au moins 20 ans, la création d'une ligne d'assemblage pour le moteur directement en Finlande, des partenariats avec des universités et une collaboration avancée de sécurité, mais aussi une garantie sur le coût opérationnel. A tel point que le F-35 permettrait de réaliser un nombre d'heures de vol égal aux opérations réalisées par la flotte actuelle de chasseurs tout en restant dans l'enveloppe de 250 millions d'euros par an. 

Sachant que Lockheed espère abaisser le coût d'exploitation de l'avion à "seulement" 30.000 $/ heure de vol en 2023 puis 25.000$ en 2025 (un objectif jugé irréaliste à l'US Air Force), cela n'offrirait qu'un petit 10.000 heures de vol par an à réaliser la future flotte de F-35, soit moins de 150 heures par an et par avion. Pour comparaison, les Rafales français assurent plus de 270 heures de vol par an, une baisse drastique du coût horaire du F-35 ...

Des résultats encore incomplets

Les résultats confirmés le 10 décembre par le gouvernement finlandais désignent finalement le F-35 vainqueur de la compétition, une semi-surprise vu les premières fuites dans les médias et l'activisme américain des dernières semaines... Côté scores, le F-35 obtient une note de 4.47, loin devant la deuxième meilleure offre (dont le nom n'a pas été révélé) à seulement 3.81.

Le contrat portera donc sur une acquisition de 8,378 milliards d'euros, dont 4,7 milliards pour les avions, 754,6 millions pour le package d'armement initial (comprenant des missiles AMRAAM et Sidewinder, et 2,9 milliards d'euros pour les équipements complémentaires, l'achat de pièces détachées, la formation des pilotes, et les solutions de maintenance jusqu'à la fin de l'année 2030.

Après les commandes du Danemark, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Belgique, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, de la Suisse et de la Pologne, le F-35 sera donc l'avion le plus utilisé par les forces aériennes européennes en 2030, devant l'Eurofighter, le Rafale ou le Gripen.

Le Rafale a été évalué du 20 au 28 janvier 2020
Le Rafale a été évalué du 20 au 28 janvier 2020 (Crédits : Dassault Aviation)

Xavier Tytelman

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