Le SCAF est (PRESQUE) en bonne voie

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Media DR
Au cœur et au vu des nombreux rebondissements médiatiques des derniers mois autour du SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) entre l’Allemagne, la France et l’Espagne, l’annonce du 18 novembre du ministère de la Défense allemand avait pu redonner du baume au cœur : un accord aurait été trouvé entre les trois pays (voir notre article ici). Déclaration confirmée par le président Macron peu après, soulignant qu’il s’agissait d’un “grand pas en avant” pour la collaboration européenne en matière de défense.
Cependant et bien qu’un accord politique semble effectivement acté, un compromis entre tous les industriels est nécessaire. Le président de Dassault Aviation, Eric Trappier, laissait planer un doute quant aux suites de cet accord, indiquant qu’il restait encore des éléments à valider. “Il y a une pseudo annonce politique qui a été faite. Je pense que les autorisations allemandes, difficiles à obtenir, sont sorties et ça a donné lieu à des fuites. Ce n’est pas encore tout à fait réalisé”.

La mise au point est claire : bien qu’en bonne voie, le programme de chasseur de sixième génération NGF, clé de voûte du projet SCAF, n’a pas encore définitivement acté par l’ensemble des industriels et il n’est pas impossible de repartir sur de longs rounds de négociations pour réussir à obtenir un compromis sur les 2% de sujets encore en discussion. Dans les faits, aucun contrat de développement concret ne semble en effet se trouver au stade de la signature…
Car outre les difficultés autour de la définition du contour de l’accord industriel pour le NGF, le Bundestag a ajouté une complexité de taille : aucun accord sur le SCAF ne sera signé sans une garantie sur l’autre programme franco-allemand phare : l’intégration de Rheinmetall au développement du char de combat MGCS devant remplacer les Léopard 2 et Leclerc à partir de 2035. Or le futur char, proposé en coopération par le français Nexter et l’allemand Krauss Maffei Wegmann, est en concurrence avec le modèle KF51 proposé par Rheinmetall qui a déjà affiché sa volonté de faire cavalier seul sur ce projet.
Un projet qui avance d’autant plus rapidement que l’industriel développe son char seul et sur fonds propres : après une première présentation à Eurosatory en 2022, un démonstrateur est attendu dès 2026. Les dernières déclarations du chef d'État major de la Bundeswehr sont également on ne peut plus claires, ce dernier souhaite “des blindés qui roulent, des avions qui volent,... et pas de ces projets européens qui ne marchent jamais.”
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Car sur les deux rives du Rhin, nombreux sont ceux qui estiment avoir la légitimité pour gérer ces grands programmes structurants, sans prendre en compte une volonté d’indépendance stratégique et industrielle qui ne peut être qu’européenne, aucun pays n’ayant les moyens d’une souveraineté globale. De nombreux décideurs allemands estiment qu’il pourrait être avantageux de ne pas s’embarrasser d’un partenaire français dont le char n’avait pas trouvé son marché à l’export, le Leclerc n’ayant été vendu qu’aux Emirats et en Jordanie, contre plus d’une quinzaines de clients pour le Leopard 2… Un discours que l’on retrouve en France de manière symétrique concernant le Rafale dont les ventes à l’export dépassent largement celles de l’Eurofighter.
Sans accord rapide sur le MGCS, une perte de capacité industrielle est donc à craindre pour le matériel terrestre pour la France, le “plan B” allemand étant plus avancé que le “plan A” commun aux deux pays. Reste à savoir si le FCAS et son NGF pourront avancer malgré tout, le coût de développement d’un avion de sixième génération -estimés entre 60 et 80 Md€- ne permettant pas d’imaginer une aventure solitaire.

Trois options s’offrent donc à nous :
D’après nos informations, les prochaines semaines pourraient être cruciales, mais le volontarisme allemand retrouvé sur le projet du NGF ainsi que le retour de budgets de défense à la hauteur des enjeux outre-Rhin sont de bonne augure pour une signature, en vue de la mise en œuvre de l’avion à horizon 2040.