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Philippe de Gaulle : la France a dit au revoir à un amiral au pied aérien

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 21 mars 2024 à 17:58

Low pass d'un E-2C Hawkeye et de deux Rafale M durant l'hommage national rendu à l'amiral Philippe de Gaulle dans la cour des Invalides.

Low pass d'un E-2C Hawkeye et de deux Rafale M durant l'hommage national rendu à l'amiral Philippe de Gaulle dans la cour des Invalides.

@MarineNationale (sur X)

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N2973 ● 05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Ce 20 mars, la France avait organisé un hommage national à l’amiral Philippe de Gaulle. Ce dernier aura connu le combat tant sur terre, sur mer mais aussi dans les airs, pilotant de nombreux appareils depuis la terre ou depuis différents porte-avions. La cérémonie s’est d’ailleurs clôturée par un passage de l’Aéronavale au-dessus des Invalides.

Un marin FNFL qui termine la guerre en pleine Allemagne

Arrivé au Royaume-Uni un certain 18 juin 1940, l'élève-aspirant de Gaulle intègre les Forces navales françaises libres à l'âge de 18 ans. Après plusieurs passages au sein de plusieurs écoles (dont le Royal Naval College), il embarque sur des patrouilleurs et frégates, participant à la bataille de l'Atlantique, le raid de Dieppe et autres opérations jusqu'en 1944. Il est ensuite transféré au sein du régiment blindé de fusiliers-marins (RBFM) de la 2ème division blindée (2ème DB). Il débarque sur le sol de France le 2 août, soit un jour après le débarquement des tous premiers éléments de la 2ème DB. Le 25 août, alors que le général von Scholtitz (commandant la région militaire du Grand Paris) et le général Leclerc (commandant la 2ème DB) viennent de signer l'acte de reddition des Allemands dans Paris, il fait partie des officiers français chargés de transmettre l'ordre aux points d'appuis allemands résistants encore aux libérateurs et résistants. Il obtient ainsi la reddition de plus de 400 allemands au Palais Bourbon (Assemblée nationale). Une plaque a d'ailleurs été dévoilée en sa présence le 27 novembre 2019, au sein même du Palais-Bourbon. Il participe ensuite aux rudes combats dans l'Est de la France et termine la Seconde Guerre mondiale, toujours au sein du RBFM sur les falaises du Nid d'Aigle, à Berchtesgaden (Bavière, Allemagne).

En avril 1945, pour sa contribution à la libération de la France, l'enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle reçoit la Croix de guerre des mains du général Lelcerc_CEEM
En avril 1945, pour sa contribution à la libération de la France, l'enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle reçoit la Croix de guerre des mains du général Lelcerc_CEEM (Crédits : @CEEM_FR (sur X))
Plaque commémorant la reddition de 400 allemands au Palais-Bourbon (Assemblée nationale) à l'enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle
Plaque commémorant la reddition de 400 allemands au Palais-Bourbon (Assemblée nationale) à l'enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle (Crédits : Assemblée nationale)

Un marin au pied aérien

En plus des expériences navales et terrestres, il fut également un pilote au sein du porte-avions anglais HMS Indomitable (92, classe Illustrious) à la fin de l'année 1942 et rejoindra plus tard la Flottile 6F, au Maroc, alors équipée d'hydravions Catalina. La guerre terminée, il continue sa formation en France et à l'étranger, devenant même, en 1951, l'un des premiers pilotes français breveté sur hélicoptère. Au total, il accumulera de nombreuses heures de vol, notamment sur :

  • chasseur Spitfire Mk V
  • hydravion de patrouille maritime PBY-4 Catalina
  • bombardier en piquée embarqué SBD-5 Dauntless
  • hélicoptère léger HO3S-1 Dragonfly
  • bombardier Avro Lancaster
  • bombardier TBM Avenger

Il aurait peut-être piloté l'un des quatre hydravions Aichi E13A japonais, alors utilisés par la 8S en Indochine. Cependant, les informations concernant cet appareil et Philippe de Gaulle ne semblent pas concordantes. S'il effectua bien deux déploiements en Indochine (1946-1948 et 1952-1954), il aurait été, lors de ces deux déploiements, déployé sur un porte-avions (avion piloté non précisé) et donc bien loin de ces hydravions. À ce propos, entre 1954 et 1956, il est affecté sur le porte-avions La Fayette (ex-USS Langley, classe Independence) en tant que chef du service pont d'envol-hangar (PEH).

Le site des anciens officiers et élèves de la Marine nationale retrace la longue et très diversifiée carrière de l'élève-aspirant de Gaulle (23 juillet 1940) jusqu'à sa nomination au grade d'amiral le 25 juin 1980, son admission en deuxième section le 29 décembre 1982 mais aussi sur le restant de sa vie publique. La Marine nationale a également publié un article sur sa vie tant au sein de la Marine qu'au service de la France.

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Nombreux hommages

Dans la nuit du 12 au 13 mars, l'amiral de Gaulle s’est éteint à l'hôpital militaire des Invalides, à l'âge de 102 ans. De nombreux messages d'officiels militaires et civils rendent hommage à sa carrière militaire et son dévouement pour la France, notamment durant la Seconde Guerre mondiale et les conflits d'après-guerre : le président de la République Emmanuel Macron, le chef d'état-major de la Marine nationale - l'Amiral Nicolas Vaujour, la Marine nationale via une vidéo,... Les hommages viennent aussi de l'étranger, avec par exemple une publication sur les réseaux sociaux de la Royal Navy, renvoyant vers un article rappelant notamment sa carrière aux côtés de la Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale ou encore durant la Crise du canal de Suez en 1956, avec un hommage du First Sea Lord en personne.

Le 20 mars, un hommage national a été organisé dans la cour des Invalides. De nombreuses autorités civiles et militaires françaises (en service ou à la retraite) avaient fait le déplacement. Suite à sa carrière au sein de l'Aéronavale, la cérémonie avait été survolée par deux avions de combat Rafale M, menés par un avion de guet aérien avancé et de commandement E-2C Hawkeye, tous trois avec la crosse sortie. L'amiral est ensuite enterré le jour même à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne, France).

Gaétan Powis

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