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La France, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Jordanie ont aidé Israël à se défendre contre l'attaque de l'Iran

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 15 avril 2024 à 09:21

Tir d'un missile mer-air SM-2 depuis le destroyer USS Carney (DDG-64).

Tir d'un missile mer-air SM-2 depuis le destroyer USS Carney (DDG-64).

US Navy

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Alors que l’Iran lançait plus de 300 drones suicides et missiles sur Israël, une partie de ces engins n’ont jamais pu atteindre Israël et encore moins les défenses antiaériennes israéliennes. Les forces armées de plusieurs pays présentes au Moyen-Orient ont détruit en vol une partie de ces missiles et drones via des moyens aériens, navals et terrestres. Si certains interceptaient afin de soutenir Israël, d’autres tenaient tout simplement à défendre l’intégrité de leur espace aérien, et de fait, soutenir indirectement Israël.

Attaque iranienne sur Israël

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2024, l'Iran a lancé une attaque aérienne de grande ampleur sur Israël. La Force aérienne et spatiale israélienne (IAF) a publié une estimation des engins iraniens tirés sur Israël : au total, ce sont 320 engins qui ont été tirés sur Israël. L'attaque en question a utilisé une multitude de moyens : 170 drones suicides longue portée, 120 missiles balistiques et 30 missiles de croisière. Toujours d'après l'IAF, les systèmes de défense antiaériens et antimissiles ont abattu près de 99 % des engins tirés, laissant seulement quelques missiles balistiques atteindre le territoire israélien. Cependant, avant même que ces engins n'arrivent à portée des systèmes de défense israéliens, les forces armées de plusieurs pays, présentes au Moyen-Orient, ont abattu certains de ces engins. 

États-Unis

Alors que les menaces iraniennes d'une attaque se concrétisaient de plus en plus, plusieurs officiels américains, en ce compris Joe Biden, président des États-Unis, avaient confirmé que les Forces armées américaines protégeraient Israël d'une éventuelle attaque iranienne. Une déclaration de Lloyd J. Austin III, secrétaire à la Défense américain, a confirmé que plusieurs missiles et drones lancés depuis l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Yémen en direction d'Israël ont été interceptés par les Forces armées américaines déployées au Moyen-Orient. Le CENTCOM, commandement notamment en charge des Forces américaines déployées au Moyen-Orient, annonce que 80 drones suicides et 6 missiles balistiques lancés depuis l'Iran et le Yémen en direction d'Israël ont été intercepté. Ce décompte comprend la destruction au sol au Yémen d'un missile balistique sur son lanceur ainsi que sept drones, tous détruits en zone contrôlée par les rebelles yéménites houthis. De fait, sur 170 drones suicides, près de 47 % ont été détruits par des systèmes américains (en comprenant les 7 drones détruit sur le sol yéménite) !

Les diverses déclarations officielles ne permettent pas de connaitre les moyens utilisés par les Forces sous le commandement du CENTCOM. Cependant, il est possible d'affirmer que des appareils patrouillaient le ciel irakien en début de soirée : un ravitailleur KC-135 Stratotanker était visible sur les sites de live tracking. L'appareil est apparu vers 18h04 (heure de Paris) au-dessus du Qatar et a patrouillé au nord-est de l'Irak. Le vol ne semble pas s'être passé comme prévu car vers 22h41 (heure de Paris), le transpondeur du ravitailleur affichait 7700, soit un code de détresse. L'appareil a pu revenir sur le Qatar mais aucune explication n'est disponible sur le 7700 affiché par le Stratotanker.

En début de soirée, un ravitailleur KC-135R de l'USAF patrouillait au nord-est de l'Irak. L'image montre le moment où le transpondeur a affiché 7700.
En début de soirée, un ravitailleur KC-135R de l'USAF patrouillait au nord-est de l'Irak. L'image montre le moment où le transpondeur a affiché 7700. (Crédits : Air&Cosmos, ADS-B)

L'US Navy a très certainement joué un rôle actif durant cette nuit. Rien qu'en mer Rouge, l'US Navy alignait le Carrier Strike Group 2 (CSG 2), flotte centrée autour du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69, classe Nimitz). En opérationnel, le CSG 2 comprend plusieurs escadrons de F/A-18E/F Super Hornet au sein de son groupe aérien embarqué. Ceux-ci auraient pu frapper les cibles terrestres au Yémen et éventuellement intercepter des drones ou missiles de croisière tirés depuis le Yémen. Le CSG 2 comprend aussi l'escorte du porte-avions :

  • croiseur lance-missiles USS Philippine Sea (CG-58, classe Ticonderoga)
  • destroyer lance-missiles USS Gravely (DDG-107, classe Arleigh Burke IIA)
  • destroyer lance-missiles USS Mason (DDG-87, classe Arleigh Burke IIA)
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Ces navires disposent de nombreuses capacités antiaériennes (courte, moyenne et longue portée) ainsi que des capacités antimissiles très avancées. Ces capacités multiples sont permises grâce aux lanceurs verticaux Mk.41 VLS, capables de tirer de nombreux types de missiles mer-air, comme expliqué dans cet article.

En ce qui concerne Israël, de plus en plus d'informations laissent à penser qu'au moins un des quatre destroyers lance-missiles américains déployés en Méditerranée se trouvait au large des côtes israéliennes. Ce destroyer lance-missiles de la classe Alreigh Burke aurait alors détecté et suivi plusieurs missiles balistiques de moyenne portée (MRBM) via son système d'arme Aegis. Une fois la menace clairement identifiée, le navire a intercepté trois MRBM en tirant des missiles aux capacités antimissiles balistiques. Certains annoncent même le tir de missiles SM-3, spécifiquement conçus pour intercepter des missiles balistiques. Si cette hypothèse est avérée, il s'agirait de la toute première utilisation opérationnelle d'un SM-3.

Enfin, l'US Army a probablement joué un rôle en interceptant les engins tirés vers Israël. Comme décrit dans cet article, l'US Army a déployé, depuis le 23 octobre 2023, le CENTCOM a reçu un boost conséquent en ce qui concerne la défense antiaérienne et antimissile de ces bases. Un véritable pont aérien a été mis en place entre les États-Unis, l'Europe et le Moyen-Orient afin de transférer un bataillon de systèmes Patriot. Pour rappel, un bataillon standard de Patriot comprend quatre batteries, regroupant chacune huit lanceurs ! Une batterie antimissile de THAAD a également été déployée au Moyen-Orient.

Le brigadier général Richard Harrison (à dr.) devant deux lanceurs Patriot mixte PAC-2 et PAC-3 récemment déployés sous le commandement du CENTCOM (19 nov 2023).
Le brigadier général Richard Harrison (à dr.) devant deux lanceurs Patriot mixte PAC-2 et PAC-3 récemment déployés sous le commandement du CENTCOM (19 nov 2023). (Crédits : US Army)

Royaume-Uni

Dans un premier temps, aucune déclaration officielle ne venait confirmer une implication directe ou indirecte du Royaume-Uni dans cette attaque de l'Iran. Cependant, les sites de live tracking confirment qu'au moins un ravitailleur A330 MRTT Voyager avait décollé à 22h09 (heure de Paris) de la base aérienne anglaise d'Akrotiri (Chypre) en direction du Liban. Le tracé du vol n'est pas totalement connu mais l'avion devait plus que probablement ravitailler des avions de combat Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force au-dessus du Proche-Orient. La fin du n'est pas connue mais une seconde mission a été organisée le 14 avril, ce même ravitailleur décollant à nouveau d'Akrotiri à 10h59 (heure de Paris).

Le 14 avril a 13h12, une vidéo de Rishi Sunak, Premier ministre du Royaume-Uni, publiée sur X (ci-dessous), confirmait que des avions de combat de la Royal Air Force avaient bel et bien abattu des drones iraniens. Cette déclaration a été suivie par après d'une déclaration de Grant Shapps, secrétaire de la Défense britannique. Il est donc clair et net que plusieurs avions de combat Typhoon anglais, soutenus par un Voyager, ont détruit plusieurs drones iraniens. À noter que les deux déclarations officielles annoncent un renforcement des moyens militaires britanniques dans la région, laissant à penser que des avions de combat supplémentaires ont été déployés.

La France

Plusieurs annonces d'officiels israéliens affirment aussi que la France a joué un rôle dans la défense d'Israël. Daniel Hagari, vice-amiral de la Marine Israélienne et porte-parole des Forces armées israéliennes, a précisé que "La France a de très bonnes technologies, avions et radar - et je sais qu'ils ont contribué en patrouillant dans les airs".

Emmanuel Macron, président de la République, a confirmé ce 15 avril au matin que des avions de combat français, basé sur base aérienne projetée H5 en Jordanie, avaient décoller pour abattre des engins violant l'espace aérien jordanien. Cette action a été lancée à la demande de la Jordanie afin de sécuriser son espace aérien. Le nombre de cibles abattues par les pilotes de combat français ne sont pas connues.

La Jordanie

Le ciel jordanien ne comprenait pas uniquement des avions de combat français. La Jordanie, avait mis en alerte ses Forces armées et même décidé de fermer son espace aérien en prévision de cette attaque. De fait, les avions de combat F-16 Fighting Falcon jordaniens avaient le champ libre pour abattre le moindre appareil survolant sans autorisation le territoire de la Jordanie (Reuters). Plusieurs médias annoncent également que la Jordanie aurait ouvert son espace aérien aux avions de combat israéliens (par exemple Deutsche Welle) mais aucune annonce officielle ne vient confirmer cette information.

Ravitaillement d'un F-16 Fighting Falcon jordanien par un KC-135 Stratotanker de l'USAF durant un exercice (16 novembre 2022).
Ravitaillement d'un F-16 Fighting Falcon jordanien par un KC-135 Stratotanker de l'USAF durant un exercice (16 novembre 2022). (Crédits : USAF)

Gaétan Powis

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