Patrouille en mer Noire : des avions français, de l'OTAN, italien et américain se sont relayés pendant une journée
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E-3F SDCA (Sentry) français en approche pour un ravitaillement en vol.
AAE
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E-3F SDCA (Sentry) français en approche pour un ravitaillement en vol.
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Depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2024, voire même quelques temps auparavant mais dans une plus faible mesure, les avions de renseignement de nombreuses forces aériennes d'États membres de l'OTAN patrouillent sur le flanc Est de l'OTAN. Certaines zones sont mêmes devenues habituelles pour ces appareils, comme l'exclave russe de Kaliningrad ou encore la mer Noire. Et c'est justement en mer Noire, le 23 janvier dernier, qu'une très forte activité d'avions de renseignement a été enregistrée sur les sites de live tracking. Pour rappel, ces sites permettent d'apercevoir la totalité des avions visibles au grand public, y compris les avions militaires. À noter que cette visibilité n'est pas du tout nuisible et est même bien au contraire un signalement stratégique vers le pays hostile : "nous vous avons vu ce que vous faisiez !".
La structure de cet article se concentrera sur les mouvements des appareils pour ensuite décrire leurs différentes capacités principales. Pour chaque vol d'un des avions décrits, une capture d'écran des sites de live tracking est disponible au début de chaque chapitre. La totalité des heures fournies sont calées sur le fuseau horaire de Paris (GMT+1 en heure d'hiver) et un cumul des survols est disponible à la fin de cet article.
À 7h10 (heure de Paris), un avion de guet aérien avancé et de commandement (AEW&C) E-3A Sentry de l'OTAN décollait de la base aérienne d'Aktion (Nome d’Étolie-Acarnanie, Grèce). Environ 1h20 plus tard, l'appareil commençait à effectuer des cercles en altitude au-dessus de l'espace aérien de la Roumanie, et plus précisément, au-dessus des côtes roumaines de la mer Noire. Ces cercles ne sont pas anodins : l'appareil s'est mis en patrouille afin de surveiller la région et ce, jusque 10h30. À ce moment-là, l'E-3A a pris un cap retour vers la Grèce.

Parfois surnommé AWACS, cet avion est facilement reconnaissable grâce à son rotodôme de 9,1 mètres de diamètre (peint en noir avec une ligne blanche) situé au-dessus et à l'arrière du fuselage. Ce dernier permet de protéger mais aussi faire tourner à 360° le radar. Ce dernier peut détecter de nombreuses cibles aériennes en basse altitude sur une distance supérieure à 400 kilomètres. Par exemple, l'espace aérien survolé dans la zone de patrouille comprenait la ville de Constanța. Or, cette ville se trouve à un peu moins de 400 kilomètres de Sébastopol. Et encore, pour des cibles aériennes volant en moyenne ou en tout cas plus haute altitude, la portée de détection est supérieure à 520 kilomètres (OTAN). À titre de comparaison, la distance entre Constanța et Feodossiia (Crimée) est de 540 kilomètres : la presque totalité des mouvements aériens en moyenne/haute altitude était détecté sur la presque totalité de la Crimée ! À noter qu'une antenne secondaire, et souvent oubliée, est aussi présente dans le rotodôme. Elle permet d'identifier si l'avion détecté est un avion civil, militaire ami ou militaire ennemi.
