Ukraine : mission surmar au dessus de la Baltique
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Jean-Marc Tanguy
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Zone de prospection historique des avions de patrouille maritime de l’OTAN, la mer Baltique avait perdu cette place avec la chute du mur de Berlin. Le retour des tensions en Europe, avec la première guerre d’Ukraine, puis l’actuelle, ont remis ce théâtre sur l’agenda de l’OTAN. Quelques pays seulement fournissent des capacités pour une opération de surveillance maritime dédiée, menée sous l’égide de l’OTAN : ce sont principalement les Etats-Unis (avec des P-8), l’Allemagne (avec les derniers P-3) et la France, avec l’ATL-2. L’objectif étant de pouvoir prendre la température des moyens russes dans cette zone, et notamment, de ceux postés dans l’enclave de Kaliningrad.
La patrouille maritime française y contribue donc avec des survols réguliers d’ATL-2, à raison de trois à quatre par mois : « la mission Baltique est inscrite dans la routine depuis deux ans, on en refaisait depuis 2018", rappelle un patmariste. Elle est de plus en plus stratégique, notamment du fait de la présence de Kaliningrad ». La Marine contribuait aussi en mer fin novembre, avec le chasseur de mines tripartite brestois Croix du Sud et la frégate de défense aérienne toulonnaise Chevalier Paul. Le bâtiment de soutien Garonne puis la frégate multimissions brestoise Aquitaine ont aussi contribué au renforcement de la surveillance des installations pétrolières norvégiennes en mer du Nord, également menée dans le cadre de l’OTAN, après les atteintes sur le gazoduc NordStream2 (en Baltique). Surveiller ces zones, c’est aussi, pour la Marine, savoir ce qui pourrait passer au large de Brest (et notamment de l’île Longue) quelques jours après. Chaque vol réalisé au profit de l’OTAN peut aussi contribuer à répondre à des besoins français spécifiques.
Mer du nord et Mer Baltique, c’est le programme confié à l’équipage Uniforme Hôtel de la flottille 21F, basée à Lanvéoc-Poulmic, pour vol d’une dizaine d’heures, le 30 novembre. Mais avant même d’avoir décollé, L’ATL-2 M22, un des neuf appareils modernisés au standard 6, a dû s’adapter à la météo. Cette dernière risque de l’empêcher de pouvoir poser sur la base militaire de Nordholz (Allemagne) pour refaire du carburant. Cette escale aurait permis de prolonger la durée de la mission, tout en bénéficiant d’un briefing réalisé par la marine allemande. La flottille a finalement reçu les éléments avant son décollage. Sans escale, il faut aussi faire une croix sur la possibilité de survoler la mer du Nord, et donc, se concentrer sur la Baltique.
Au petit matin, le pilote prévu doit aussi céder sa place à un pilote plus expérimenté, pour cause de brouillard. L’impétrant, un lieutenant de vaisseau, appartient à la flottille jumelle, la 23F, qui se forme actuellement au standard 6. Il prend place à gauche, dans le poste de pilotage. A sa droite, le siège du mécanicien navigant, et le commandant de bord. Si tous les éléments sont nominaux, le vol devrait atteindre les 11 heures sans escale : quatre heures pour rallier la zone d’intérêt, environ trois sur place, et quatre encore pour rentrer. Encore loin des quelque 14 heures qui constituent l’endurance maximale de l’appareil. La soute à munitions est totalement lisse, ne comportant que la traditionnelle chaîne SAR (search and rescue) à l’avant gauche, pour venir au secours d’éventuels naufragés.