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Quels systèmes ont été présentés au président ukrainien Volodymyr Zelensky ? Rafale, SAMP/T, AASM,…

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 17 novembre 2025 à 10:56

Rafale C et ses munitions à Villacoublay à l'occasion de la signature de la LOI entre la France et l'Ukraine (17 novembre 2025).

Rafale C et ses munitions à Villacoublay à l'occasion de la signature de la LOI entre la France et l'Ukraine (17 novembre 2025).

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N2973 ● 05 juin 2026

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Ce 17 novembre, l'Ukraine a signé une lettre d'intention avec la France en vue d'acquérir différents systèmes antiaériens, avions de combat,... Ceux-ci ont été présentés durant la cérémonie et décrits dans le cadre de cet article. Concrètement, l'Ukraine semble se tourner de plus en plus vers une Armée ukrainienne équipée en systèmes européens, avec par exemple une Force aérienne équipée en Gripen suédois et Rafale Français.

Rafale et munitions

La Force aérienne ukrainienne dispose actuellement de nombreux avions de combat qui ne datent pas d'hier. Avant l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, le gros de l'aviation de combat se concentrait autour d'avions de combat MiG-29 Fulcrum et Su-27 Flanker, d'avions d'attaque Su-25 Frogfoot et de bombardiers tactiques Su-24 Fencer. Ces appareils ont été légèrement modifiés pour tirer des munitions aux standards OTAN, comme les missiles antiradars AGM-88 HARM américains, missiles de croisière SCALP-EG/Storm Shadow franco-anglais, bombes air-sol propulsées AASM/HAMMER françaises, bombes planantes AARGM-ER américaines,... Différents pays ont également livrés des avions équivalents, notamment la Pologne et la République tchèque.

Il faut aussi compter sur des avions de combat F-16AM (monoplaces) et F-16BM (biplaces) Fighting Falcon, en cours de livraison par la Belgique, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas, avec le soutien d'une dizaine de pays européens. La France a elle aussi livré des chasseurs Mirage 2000-5F. Cependant, si les Fighting Falcon et Mirage sont bien plus modernes que les avions de combat ukrainiens produits sous l'époque soviétique, ces avions ne datent tout de même pas d'hier : les F-16AM/BM ont été modernisés au début des années 2000 et le Mirage 2000-5F est entré en service dans l'Armée de l'Air et de l'Espace en 1999. C'est ainsi que l'Ukraine cherche à acquérir une force aérienne avec des appareils de 4ème génération, ou plutôt, de génération 4.5. La lettre d'intention signée en Suède le 22 octobre 2025 en est le premier exemple, avec une volonté d'acquérir entre 100 à 150 avions de combat JAS-39E/F Gripen tout neufs auprès de Saab. Pour rappel, le Gripen E/F est la toute dernière version de l'avion de combat de Saab. La Force aérienne suédoise a d'ailleurs reçu son tout premier Gripen E le 20 octobre 2025.

Et désormais, Kiev s'intéresse à l'avion de combat de Dassault, avec une volonté d'acquérir 100 Rafale. Le standard n'est pas connu au moment où ces lignes sont rédigées : F3 ? F4 actuellement en cours de livraison dans les Forces ? F5 en cours de développement ? En revanche, la France ne semble pas s'être limitée au niveau des présentations des armements du Rafale. Durant la cérémonie, il était possible d'apercevoir sous les ailes de ce Rafale C des bombes propulsées AASM de Safran, sous leurs différentes variantes de guidage (GPS, IR,...). Près de 600 de ces bombes seraient concernées par cet accord. Au sol et sur les ailes, des missiles air-air de très courte à moyenne portée MICA IR NG et MICA IR de MBDA étaient présentés.

Étonnamment, un missile très longue portée Meteor était aussi placé au sol. Sa portée de plus de 200 kilomètres permettrait à la Force aérienne ukrainienne de pouvoir cibler des avions de soutien russe, comme les avions de guet aérien avancé et de commandement A-50 Mainstay, avions de commandement aéroporté et de relais de communication Il-22M-11-RT,... Alors bien évidemment, le radar du Rafale ne voit pas assez loin pour engager des cibles aussi lointaine. Cependant, l'Ukraine doit recevoir de la Suède deux avions de guet aérien avancé et de commandement S100D (Saab 340 AEW&C). Son radar et une capacité à transmettre l'information grâce à une liaison de données vers le Rafale porteur pourrait justement permettre une interception efficace. Cerise sur la gâteau, le Gripen peut également tirer le Meteor !

Présentation d'un Rafale C (EC 1/5 Vendée) et d'un missile Meteor aux membres de l'IHEDN (6 novembre 2024).
Présentation d'un Rafale C (EC 1/5 Vendée) et d'un missile Meteor aux membres de l'IHEDN (6 novembre 2024). (Crédits : AAE)

SAMP/T NG et Ground Fire

Aujourd'hui, l'Ukraine dispose déjà de quelques batteries antiaériennes SAMP/T d'Eurosam, comprenant plusieurs lance-missiles équipés en missiles antiaériens Aster 30 B1, le tout, guidé par un radar Arabel. Cependant, ce système est limité à environ 120 kilomètres contre des cibles aériennes classique. En antimissile balistique, uniquement une partie des missiles balistiques courte portée (SRBM) peuvent être interceptés. Cependant, la lettre d'intention signée aujourd'hui ne concernait pas le SAMP/T mais bien sa version améliorée, le SAMP/T NG. Au total, 8 batteries seraient potentiellement commandées.

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Module Radar et d’Identification de nouvelle génération (MRI-NG) Ground Fire 300 (GF300) d'une batterie antiaérienne longue portée SAMP/T NG.
Module Radar et d’Identification de nouvelle génération (MRI-NG) Ground Fire 300 (GF300) d'une batterie antiaérienne longue portée SAMP/T NG. (Crédits : Gaétan Powis)

Aujourd'hui, trois composants importants du nouveau SAMP/T Nouvelle Génération (SAMP/T NG) se trouvaient autour du Rafale C à Villacoublay. D'un côté se trouvait le radar Ground Fire de Thales, anciennement dénommé GF300, de l'autre, le camion lance-missiles et une maquette du missile antiaérien Aster 30 B1 NT de MBDA. Le SAMP/T NG offre une portée augmentée à plus de 140 kilomètres et la capacité d'intercepter la totalité des SRBM mais aussi une partie des MRBM (missiles balistiques de moyenne portée). Le radar Ground Fire est bien plus efficace que l'Arabel, avec une capacité de détection améliorée à 400 kilomètres contre des cibles aériennes classiques, peut détecter des cibles hypersoniques ou même de bien plus petits et plus lents drones,... Le Ground Fire peut aussi être utilisé indépendamment d'une batterie SAMP/T NG pour reconnaitre un espace aérien au profit d'une autre batterie aux standards OTAN. Cette batterie peut d'ailleurs avoir une capacité d'interception des roquettes, obus d'artillerie et de mortiers (C-RAM), le nouveau radar de Thales étant également capable de détecter et suivre ces cibles. Il peut aussi être utilisé au profit de l'artillerie, l'antenne étant capable d'assurer un rôle de contre-batterie en détectant et géolocalisant les tirs des batteries ennemies (rôle de contre-batterie).

Missile antiaérien longue portée Aster 30 Block 1 Nouvelle Technologie (Aster 30 B1NT) et lanceur SAMP/T.
Missile antiaérien longue portée Aster 30 Block 1 Nouvelle Technologie (Aster 30 B1NT) et lanceur SAMP/T. (Crédits : Gaétan Powis)

Drones

Delair, une des pépites françaises dans le domaine des drones, avait aussi des systèmes qui étaient présentés : le mini drone de reconnaissance UX11 et le plus tactique DT46 dans sa configuration VTOL. Le premier est déjà connu des Ukrainiens, suite à de précédentes livraisons d'UX11 et de DT26. Le DT46 de Delair offre une autonomie bien plus supérieure mais sa version VTOL lui permet de décoller et atterrir verticalement avant de voler en horizontal grâce à son moteur principal.

Drone DT46 au sein de l'usine Delair à Toulouse.
Drone DT46 au sein de l'usine Delair à Toulouse. (Crédits : @SebLecornu)

Alta Ares, pépite française dans le domaine de l'IA, qui avait déjà fait la une lors d'un essai de drone anti-drones guidé par IA, présentait un tout nouveau drone intercepteur. De couleur noire et propulsé par une mini-turbine, ce dernier effectue sa première apparition publique. Il s'agit très certainement du futur drone anti-drone qui sera produit prochainement en France par Alta Ares.

Un drone Raybird 3 était présenté sur sa catapulte de lancement. Il ne s'agit pas d'un drone français car développé et produit par l'entreprise ukrainienne Skyeton. Cependant, le 2 octobre 2025, un partenariat stratégique avait été signé avec l'entreprise française Harmattan AI. L'objectif est d'intégrer au sein de la plateforme de l'intelligence artificielle pour augmenter son efficacité. Harmattan AI présentait aussi son drone anti-drone Gobi. Lancé de manière autonome (sur ordre d'un être humain), il peut effectuer des changements de trajectoire grâce à la détection assurée par un radar et dont les données sont envoyées au drone intercepteur. En fin de course, la caméra infrarouge permet d'affiner avec précision l'interception du drone à abattre.

Vision européenne... mais toujours lente

Concrètement, l'Ukraine semble s'orienter vers de futurs systèmes européens pour ses Forces armées. La politique incertaine au niveau des États-Unis semble avoir convaincu l'Ukraine de se tourner vers des systèmes développés et produits en Europe. Cependant, c'est aussi se tourner vers des systèmes et munitions aux stocks encore limités, du moins, pour ceux présentés ci-dessus qui sont déjà produits.

Et encore, avant même de parler de production, il faut bien comprendre qu'il n'y a pas encore eu de contrat de l'Ukraine ! En effet, cette lettre d'intention sert avant tout de promesse pour de futurs contrats ukrainiens. À voir donc quand est-ce que les premiers systèmes vont arriver en Ukraine... dans les prochaines années. Concernant le SAMP/T NG, ce dernier est toujours en phase d'essai et la mise en service de la première batterie française est attendue dans le courant de l'année prochaine. À voir aussi la cadence à laquelle MBDA peut produire les missiles pour la France, l'Italie, le Royaume-Uni... et l'Ukraine ! Il en est de même pour les potentiels futurs missiles qui équiperont les potentiels futurs 100 Rafale ukrainiens, etc.

Mais si cette lenteur concerne les "grands" systèmes, il faut nuancer ce point de vue au niveau des systèmes de plus petites tailles. En effet, les drones peuvent être produits bien plus rapidement que les Rafale, Ground Fire, SCALP-EG,... Les Forces armées ukrainiennes ont d'ailleurs un besoin urgent de ces "grands" systèmes mais aussi des plus petits drones. D'un côté, les drones de reconnaissance UX-11 et DT-46 permettent d'augmenter la transparence du champ de bataille. De l'autre, les Gobi ou encore le futur drone intercepteur d'Alta Ares permettent d'intercepter très efficacement des drones russes, en ce compris des drones suicides tactique longue portée Shahed/Geran utilisés par les Russes en masse contre l'Ukraine. Seul problème, la capacité à produire en masse ses différents drones : la guerre en Ukraine consomme plusieurs millions de drones suicides, munitions rôdeuses, drones intercepteurs,... par an !

Gaétan Powis

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