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Fusée Proton : explications sur un échec

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Rédaction Air & Cosmos

Publié le 12 septembre 2012 à 05:16

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

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Fusée Proton : explications sur un échec

Le 6 août 2012, le lanceur Proton échouait dans sa mission menée par le gouvernement russe pour mettre en orbite la paire de satellites de communication Express-MD2 (russe) et Telkom-3 (Indonésien).

Ce nouvel échec de Proton (après celui du 18 août 2011) met dans l’embarras Franck McKenna, président d’International Launch Services (ILS), l’autre opérateur de la fusée. Rencontré dans les coulisses de la World satellite business week qui se tient en ce moment à Paris, celui-ci tente tant bien que mal de dresser un bilan positif de l’activité de sa société.

La commission d’enquête chargée de comprendre les causes de l’échec de la mission fédérale a rendu son verdict, dimanche 9 septembre 2012. « Une erreur dans la fabrication d’un orifice métallique du système de pressurisation du moteur Breeze-M est à l’origine du problème de pression qui a fait avorter le dernier rallumage du 4ème étage », a indiqué le président de la coentreprise de lancement russo-américaine.

La fabrication de cette pièce avait été sous-traitée par Krunitchev (fabricant moscovite de la fusée Proton) à l’entreprise Polyot, située à Omsk, depuis 2011. L’erreur qui s’est produite lors du troisième rallumage du Breeze-M sur cette mission fédérale aurait tout aussi bien pu se produire sur une mission commerciale opérée par ILS a fini par concéder le président de l’entreprise.

Comment cette erreur de production n’a-t-elle pas été décelée ? « La pièce était spécifiée correctement affirme Franck McKenna, mais elle a été mal fabriquée et mal testée. L’outil de test n’était pas capable de constater le problème. » A son actif, Polyot présente pourtant la réalisation des satellites de la constellation Glonass, alternative russe au GPS.

Suite à cette enquête Krunitchev va reprendre en charge la fabrication de cette pièce ainsi que sa mise en place sur les lanceurs déjà construits (deux sont déjà arrivés sur le pas de tir de Baïkonour) et à venir. Après cet événement, Vladimir Poutine a relevé de ses fonctions le directeur général de Krunitchev, Vladimir Nesterov, et l’a remplacé, le 3 septembre dernier par Vasily Sychyov.

Du coup, le manifeste d’ILS a pris du retard et le lancement d’Intelsat 23 s’est vu reporté au 14 octobre. Viendra ensuite le lancement de Yamal-300k (de Gazprom) et de Luch 5B, le 2 novembre. Depuis le début de l’année et avant cet incident, le Proton avait réussi cinq lancements commerciaux et une mission fédérale. Franck McKenna espère en réaliser encore quatre ou cinq d’ici fin 2012.

Rédaction Air & Cosmos

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