Politique spatiale européenne : l’unité en danger ?
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En accueillant Philipe Baptiste, le président du Cnes, la présidente de la commission des Affaires économiques du Sénat Sophie Primas a exprimé les interrogations, sinon les inquiétudes, des sénateurs au sujet de « l’unité mais aussi de l’efficacité » de l’Europe dans les prochaines négociations spatiales – le sommet Space Summit de Toulouse, le 16 février prochain, puis la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne, qui se tiendra en novembre à Paris. La sénatrice des Yvelines observe d’une part « une tendance de plus en plus marquée » à la renationalisation des politiques spatiales au sein même de l’Union européenne, et d’autre part l’émergence d’une « véritable concurrence entre les Etats membres », comme en témoigne le projet allemand de port spatial dédié aux micro-lanceurs, déployé en mer du Nord à l’horizon 2023. Concernant les lanceurs lourds, Sophie Primas note que l’Europe a pris « un peu de retard par rapport aux Etats-Unis qui, en soutenant financièrement SpaceX, ont bâti une organisation industrielle 100 % intégrée », alors que la production des lanceurs Ariane fonctionne toujours sur la règle du retour géographique, « ce qui explique que la chaîne de production compte 600 entreprises, dont 350 PME, ce dont on peut se réjouir, réparties dans 13 pays. Sur le papier, c’est logique ; en pratique, je comprends que c’est difficile pour un process industriel. C’est pourquoi certains appellent à un Big bang de la gouvernance des lanceurs européens ». En d’autres termes, la sénatrice demandait au président du Cnes « quel est le chemin à prendre pour rattraper collectivement le retard qui pourrait apparaître vis-à-vis d’autres concurrents, quelle sera la stratégie de la France lors de ces négociations, la France maintiendra-t-elle son niveau de contribution à l’Agence spatiale européenne, quelle modification de la gouvernance des lanceurs européens vous paraît souhaitable, et faut-il réformer la règle du retour géographique, au moins pour certains grands projets ? ».