Airbus Canada : L’heure de l’A220 a sonné
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La ligne d’assemblage final (FAL) de Mirabel avec ses A220 à différents stades d'assemblage.
Frédéric Lert
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La ligne d’assemblage final (FAL) de Mirabel avec ses A220 à différents stades d'assemblage.
Frédéric Lert
Pendant des années, le segment des avions de 100-150 places a été largement éclipsé par celui des moyen-courriers. Les familles A320, puis A320neo d'Airbus et 737 NG et MAX de Boeing ne laissaient guère de place aux avions de moindre capacité. Mais le vent est en train de tourner, avec l’exigence de plus en plus forte des compagnies de servir des routes secondaires, mais potentiellement rentables pour peu que le bon avion leur soit affecté. À Mirabel, cœur de l'activité d'Airbus Canada, l'enjeu est de démontrer - statistiques à la main - que l’A220, avion moderne et économique, est idéal pour répondre à ce marché en développement.
L’usine installée dans la banlieue de Montréal a livré 75 avions en 2024, soit une moyenne de six par mois. Une meilleure idée des capacités de production a été donnée au cours du dernier trimestre de cette année-là, avec pas moins de trente livraisons. En 2025, ce sont 93 avions qui ont quitté Mirabel et Mobile (États-Unis), et 35 ont été livrés sur les cinq premiers mois de 2026. L’objectif rendu public est d’atteindre treize avions produits par mois en 2028. « Nous sommes le deuxième programme d’Airbus en nombre d’avions produits derrière la famille A320neo », résumait Guillaume Chevasson, PDG d’Airbus Canada au cours d’une rencontre avec la presse le 23 juin dernier.
Augmenter les cadences est une obligation pour le dirigeant pour atteindre le seuil de rentabilité qui se trouve maintenant « très proche, à portée de main ». « C’est ma priorité à court terme », insiste-t-il. Il faut dire que le programme A220 a reçu un sérieux coup de fouet avec la commande ferme par AirAsia de 150 avions (plus autant d’options) annoncée le 6 mai dernier. Autant d’appareils commandés dans une version haute densité (160 sièges), dont les travaux de certification se poursuivent à l’heure actuelle.
La situation était bien différente, il y a encore peu. En fin d’année dernière, devant le manque de nouveaux contrats - seulement 66 commandes brutes entre 2024 et 2025 - Guillaume Faury, président exécutif du groupe Airbus, annonçait repousser son objectif de montée en cadence : celui-ci a été ramené à 12 appareils par mois en 2026 en moyenne, au lieu de la cadence 14 prévue initialement prévue.