Aviation décarbonée : la RLCF Alliance entre dans le concret
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BiocarburantsAéroports (1)
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Lancée en avril 2022, sous les auspices de la Commission européenne et plus précisément la DG « Move » (Direction générale de la mobilité et des transports), l'Alliance européenne bas carbone (RLCF pour « Renewable and Low-Carbon Fuels » alliance) continue à s'étendre et commence à véritablement dresser la cartographie de l'écosystème de la décarbonation des deux secteurs, maritime et aérien, européens en ayant toujours à l'esprit de développer des projets innovants.
« L'Alliance bas carbone a été créée sous l'impulsion de la Commission européenne, en particulier de la DG Move pour être un peu son bras armé dans l'application des deux textes fondamentaux qui vont gérer les carburants bas carbone que sont « Fuel EU Maritime » et « ReFuel EU Aviation ». L'idée de la Commission était de dire : nous allons avoir des textes engageants en termes de pourcentage d'incorporation, en termes de feuille de route de déploiement de ces carburants durables, que ce soit pour le maritime ou l'aérien. Maintenant, il faut lancer la mise en oeuvre. Il faut donc traduire les pourcentages d'incorporation en volumes et surtout les traduire en projets. Il faut savoir combien de projets de production il faut engager, de quel type, à quel endroit, avec quel financement et quels partenaires. C'est pour cela que cette alliance a été créée. Dès le début, ils ont con'é à Safran la gestion du pilier aviation parce que, par le passé, Safran a déjà lancé l'idée de créer cette alliance en tentant de fédérer les acteurs autour des SAF», explique Nicolas Jeuland, expert en carburants durables chez Safran.
« L'alliance est un instrument de mise en oeuvre des politiques industrielles de l'Union européenne, qui est de plus en plus développé par la Commission européenne depuis 2017, avec le grand précédent de l'Alliance européenne des batteries. Le principe est de réunir tous les acteurs d'une chaîne de valeur ou d'une technologie et d'essayer de les mettre autour de la table pour résoudre les blocages en termes administratifs ou réglementaires et de stimuler l'investissement financier. On a donc mis autour de la table l'ensemble des acteurs, du fournisseur de matière première, tant sur la partie biocarbuant que sur la partie carburant synthétique, jusqu'aux utilisateurs que peuvent être les compagnies aériennes ou les croisiéristes ou les armateurs, en passant par tous les fournisseurs de briques technologiques, les équipementiers, les constructeurs et puis, bien sûr, les financiers. Pour les financeurs, il y a des banques, des institutions de crédit et on étend le champ doucement aux banques publiques », précise Julien Rossi, chef du bureau de représentation de Safran à Bruxelles, auprès de l'Union européenne. « Le principe de l'alliance est vraiment de mettre tout ce monde autour d'une table pour leur permettre de se parler pour débloquer les choses et mettre les investissements là où il faut. Aujourd'hui, nous avons environ 230 membres dans l'alliance. Il y a notamment les raffineurs les plus importants comme Shell, TotalEnergies,Repsol, ENI, Cepsa On a aussi des entreprises qui ont fait des SAF un axe majeur de leur développement comme Neste ou SkyNRG. Et nous avons des start-up qui fournissent des briques technologiques très innovantes comme Ineratec ou KHIMOD. Il y a aussi des aéroports, des compagnies aériennes comme Air France, Wizz Air, Easyjet, et ITA Airways qui a rejoint les historiques. Et il y a aussi les régulateurs comme l'EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne) pour l'Union européenne mais aussi d'autres régulateurs internationaux. Du côté des financiers, on a la BNP, Goldman Sachs, Intesa Sanpaolo auxquels il faut rajouter la Société Générale, Natixis, la Banque européenne d'investissements, la BERD (Banque européenne de reconstruction et de développement). L'alliance est aussi ouverte à des représentants des pays tiers, comme les États-Unis avec notamment Boeing, GE Aerospace, Pratt&Whitney et des acteurs importants des carburants durables comme Sasol, qui est une compagnie sud-africaine. C'est très important parce qu'on voit qu'aux États-Unis, en Asie, dans la région Australie- Nouvelle Zélande, il y a des initiatives similaires et donc qu'il est important que l'Union européenne ne soit pas isolée ».