Pratt & Whitney détaille l’étude du HySIITE
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« Il ne s’agit pas tant de changer le carburant, mais bien plutôt de réimaginer le turboréacteur tel qu’on le connaît aujourd’hui », commente Michael Winter, Docteur et Chief Scientist au sein de RTX, lors du dévoilement des études réalisées dans le cadre du programme HySIITE. Ce dernier est l’acronyme de Hydrogen Steam-Injected, Intercooled Turbine Engine ou en français [moteur à turbine] turboréacteur à hydrogène à injection de vapeur et à refroidissement intermédiaire. Ce programme a fait l’objet de deux ans d’études, lesquelles ont été largement financées par l'Agence pour les projets de recherche avancée sur l'énergie (ARPA-E) du ministère américain de l'énergie, à hauteur de 3,8 millions de dollars.
Dans le domaine de la motorisation hydrogène, Pratt & Whitney n’est pas le premier venu. Le motoriste a d’ailleurs même réalisé par le passé une étude d’un turboréacteur fonctionnant à l’hydrogène liquide dans le cadre du projet Lockheed CL-400 Suntan, qui visait à réaliser un successeur à l’U-2. Mais HySIITE, dont les recherches financées par l’ARPA-E ont pris fin en décembre est un peu moins secret, s’adresse uniquement aux avions commerciaux -en tout cas pour le moment- et se focalise sur le turboréacteur à (très) haut taux de dilution. « Entre 30 et 50 à 1 » -soit, cela mérite d’être souligné, entre 3 et 5 fois plus que les taux actuels- précise Neil Terwilinger, chercheur en concepts avancés chez Pratt & Whitney.
Mais ce n’est pas tant le plus étonnant ou le plus déroutant sur le HySIITE. Le plus surprenant est probablement ce côté quelque peu « usine à gaz », car il faut l’avouer, le moteur semble d’une complexité redoutable de prime abord. Mais une fois les gains potentiels annoncés -qui restent néanmoins à confirmer-, la possibilité d’obtenir un turboréacteur vraiment « vert », on commence à comprendre tout l’intérêt de cette turbomachine novatrice. « HySIITE a pour objectif ambitieux de permettre une efficacité énergétique de 35 % par rapport à la dernière génération d'avions monocouloirs (par exemple, l'Airbus A320neo équipé du PW1100G-JM) », nous avait précédemment détaillé Graham Webb, directeur du développement durable chez Pratt & Whitney (voir A&C 2777).