Farnborough 2014 : salon en demi-teinte pour Pratt & Whitney
Rédaction Air & Cosmos
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Le bonheur des uns ne fait souvent pas le bonheur des autres. Le salon de Farnborough, qui s'est ouvert lundi 14 juillet en Grande-Bretagne, s'apparente assez à un mauvais moment à passer pour Pratt & Whitney. Tandis que Snecma et General Electric sabrent le champagne grâce aux méga-commandes du moteur Leap, et que Rolls-Royce sécurise dans le plus grand calme son avenir en étant sélectionné sur le programme A330neo (après une position de motoriste exclusif sur l'A350), Pratt & Whitney doit par contre faire face à deux affaires difficiles.
La première, c'est bien évidemment le F-35, grand absent des ces deux premiers jours du salon Farnborough. Le nouveau chasseur américain est toujours bloqué aux Etats-Unis suite à un feu moteur survenu il y a quelques semaines en Floride. La flotte, cloué au sol depuis le 23 juin, vient tout juste d'être autorisée à revoler. Il se pourrait que le F-35 fasse un apparition en fin de semaine dans le ciel de Farnborough.
Premier visé dans l'affaire, le moteur F135 de Pratt & Whitney. Le 14 juillet, au premier jour du salon, le général Chris Bogdan, chef du programme F-35 au Pentagone, a détaillé la défaillance devant la presse : il s'agit d'un frottement anormale survenu au niveau du compresseur basse pression, entre le troisième étage d'un éléments rotor (ou IBR pour integrally bladed rotor) et un étage stator. En temps normal, des frottements peuvent survenir, et sont "absorbées" par un revêtement abrasif. Mais en l’occurrence, les frottements ont dépassé les tolérance de fonctionnement, entrainant un vieillissement prématuré, l'apparition de criques structurelles, et donc une avarie de fonctionnement.
Le problème est visiblement considéré comme un cas unique de fonctionnement. Pour autant, Pratt & Whitney a préféré annuler la conférence de presse qu'il avait prévu à Farnborough sur le programme F135.
Autre soucis de taille : le CSeries de Bombardier, lui aussi momentanément interdit de vol, à cause d'une avarie survenue le 30 mai dernier. Là encore, c'est un moteur Pratt & Whitney, le PW1500G, qui est directement visé. Pour ce dernier, le problème aurait été identifié et un correctif serait en cours de développement.
Alain Bellemare, pdg d'UTC Propulsion & Aerospace Systems (la maison-mère de Pratt & Whitney) a concédé qu'il s'agissait d'une fuite du système de lubrification qui serait à l'origine de cette avarie "non-contenue". La reprise des vols est prévue dans "quelques semaines". La direction de Pratt & Whitney n'a pas souhaité faire de commentaires supplémentaires. A ce jour, ce sont 11 moteurs PW1500G qui ont été livrés à Bombardier.
Coté commande de moteur, le résultat n'est pas non plus exceptionnel. Durant le salon, Pratt & Whitney n'a annoncé aucun contrat sur la motorisation de l'A320neo (contrairement à CFM International).
Pratt & Whitney peut néanmoins se consoler avec 80 Embraer E-Jets E2 et 26 Mitsubishi MRJ qui ont fait l'objet d'intention de commandes fermes, et dont il est le motoriste exclusif.
Autre élément de satisfaction : Pratt & Whitney a remporté la motorisation du MA700, le nouveau turbopropulseur de transport régional actuellement développé par le chinois Xian Aircraft. Il sera motorisé par un PW150C, une variante du moteur du Q400 de Bombardier.
Rédaction Air & Cosmos