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Farnborough Airshow 2022 : que reste-t-il du partenariat franco-britannique dans la défense ?

Photo de Yann Cochennec

Yann Cochennec

Publié le 17 juillet 2022 à 11:30

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pilote français nosa britannique

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Jean-Marc Tanguy

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

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Sortie de l’Union européenne, la Grande-Bretagne reste la nation la plus expéditionnaire d’Europe… après la France, avec qui elle maintient de nombreux échanges malgré une période politique plus fraîche entre les gouvernements des deux pays. Revue de détail d’une coopération qui pourrait reprendre à tout moment son essor.

Kosovo, Mali, Libye. Durant chacune de ces guerres aériennes, des aviateurs britanniques en échange dans l’Armée de l’Air et de l'Espace ont participé à des missions cinétiques, et certains ont même été décorés pour bravoure sous le feu. A bord d’appareils communs (les Airbus MRTT Phénix et A400M Atlas, le C-130J Super Hercules), ou différents (Dassault Mirage 2000D, et maintenant Rafale à Mont-de-Marsan), des passerelles ont été mises en place entre les deux forces aériennes de référence en Europe. Le niveau de coopération opérationnelle est sans doute l'un des plus élevés et l'un des plus réguliers.

France et Grande-Bretagne ont contribué au groupe aérien européen (à l’origine, un simple groupe aérien franco-britannique ou GAEFB, en 1994, à l’initiative du général Jean-Georges Brévot), à mettre en place les bourses d’échanges d’heures de vol dans les années 90. Et surtout, elles ont combattu ensemble. En 2012, l’Armée de l’Air et de l'Espace a transmis des savoirs-faire en matière de police du ciel, accueillant des tireurs du RAF Regiment pour les former aux mesures actives de sûreté aérienne (MASA). La France a aussi assuré l’appui à la police du ciel dans le secteur de la Manche, durant les JO de Londres, en 2012. Des exercices très poussés avaient aussi été menés en matière de contre-terrorisme entre les SAS (les forces spéciales britanniques, qui assurent aussi des missions clandestines) et le RAID, l’unité d’élite de la police pour prendre en compte une large batterie de scénarios.

Appuis au Mali dès 2013

La Grande-Bretagne a aidé la France au début de la guerre au Mali avec des rotations de Boeing C-17 et un déploiement d’avions-radar Sentinel au profit de l’opération Serval. La France a, de son côté, accueilli sur sa base aérienne à N’Djamena (Tchad) des Tornado venus assister le Nigeria dans son combat contre le groupe terroriste Boko Haram : des missions de reconnaissance ont été conduites à l’époque. Puis, la Royal Air Force a aidé massivement Barkhane avec le déploiement simultané de trois à quatre hélicoptères lourds Chinook.

La Royal Air Force en possède 60 (la France aucun), mais c’est un bel effort, surtout dans une région du monde qui ne parle pas trop au citoyen britannique moyen, et au profit de l’ennemi atavique. Dernière arrivée mais arrivée quand même dans le processus de génération de forces, la Royal Air Force a aussi participé à l’opération Hamilton, avec des frappes de MBDA Storm Shadow tirés par des Tornado, protégés par des Airbus Typhoon, en avril 2018.

La Royal Navy est aussi régulièrement aux côtés du groupe aéronaval avec une frégate ou un hélicoptère embarqué à bord d’une frégate française. Les accord de Lancaster House ont encore plus imbriqué les systèmes de défense des deux pays, tous les deux puissances nucléaires. La France a déjà donné accès (une première) à des installations et travaux dans le domaine du nucléaire militaire. De même, le site DGA de Val-de-Reuil, spécialisé dans les design des sous-marins (et notamment du sujet très sensible de la discrétion de leur propulsion) a profité aux SNLE britanniques.

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La France ne s’est pas arrêtée là : dans la période de disette de la patrouille maritime britannique (après le retrait du Nimrod en 2010 et avant l’arrivée des P-8 Poseidon acquis aux Etats-Unis), la France a appuyé les sorties des SNLE britanniques de la base de Faslane avec des ATL2 opérant depuis l’Ecosse.*

Yann Cochennec

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