Air France-KLM sur le chemin de la résurrection

Henri de Peyrelongue, un ancien de l'UTA, dirige la nouvelle entité créée au sein de la direction commerciale d'Air France/KLM chapeautée par Patrick Alexandre.
KLM

Henri de Peyrelongue, un ancien de l'UTA, dirige la nouvelle entité créée au sein de la direction commerciale d'Air France/KLM chapeautée par Patrick Alexandre.
KLM
C'est un chemin de croix de sept ans qui s'achève pour Air France-KLM. Le groupe franco-néerlandais vient de signer ses premiers bénéfices annuels depuis 2008. Une performance due, selon la direction, à l'effort de restructuration engagé depuis 2012 mais aussi à des facteurs exogènes tels que la chute du prix du pétrole. Si l'heure est donc aux réjouissances, Air France-KLM sait qu'il lui reste encore des efforts à faire pour pérenniser cette rentabilité nouvelle et combler l'écart qui le sépare de ses concurrents comme IAG (maison-mère de British Airways, Iberia et Vueling) ou le groupe Lufthansa.
En 2015, Air France-KLM a donc signé un bénéfice d'exploitation de 816 M€. C'est 945 M€ de plus qu'en 2014, où le groupe avait fini dans le rouge en parti à cause de la grève de deux semaines des pilotes. Si on exclut les effets de ce mouvement social, et à change constant, la progression reste tout de même de 698 M€. Cette bonne performance se traduit sur le résultat net qui passe de -225 M€ à 118 M€. Le résultat net retraité (qui inclut des éléments non-récurrents) atteint même 220 M€.
Ce retour aux profits traduit une progression du chiffre d'affaires de 4,6 %, à 26 Md€, une amélioration de la recette unitaire de 2 % (activité passage), une réduction des coûts unitaires de 0,6 % et surtout l'impact positif de la baisse de la facture carburant de 446 M€ (en tenant compte de l'impact négatif d'effet de change et de couverture).
Pierre-François Riolacci, directeur financier du groupe, prévient que la situation est loin d'être parfaite. Il précise ainsi qu'à données comparables (hors grève des pilotes et effet de change), le résultat serait tout autre. Le chiffre d'affaires serait en recul de 3,2 % et la recette unitaire en recul de 3,3 % sur l'activité passage et 12,8 % sur le cargo.
De même, Alexandre de Juniac signale que la baisse des coûts unitaires est inférieure à l'objectif de -1,5 % par an en moyenne sur la période 2015-2017 « en raison des retards sur les accords collectifs ». Le P-DG d'Air France-KLM rappelle également que si son groupe va mieux, ses bénéfices opérationnels restent « deux fois, trois fois, cinq fois... inférieurs à ceux de ses concurrents ». Il réaffirme donc la nécessité de poursuivre les efforts de restructuration « pour combler le fossé et suivre le rythme de la concurrence ».
Cela devrait passer par la poursuite du plan Perform 2020 : poursuite de la montée en gamme, maîtrise stricte des capacités, développement de la maintenance, renforcement des partenariats, réforme du cargo à Schiphol, baisse des coûts unitaires... et relance des négociations sociales.
Une négociation devrait ainsi être ouverte avec les pilotes d'Air France en mars prochain, une autre avec les personnels navigants commerciaux au printemps. Comme annoncé, un nouveau plan de départs volontaires (PDV) sera présenté le 26 février en comité central d'entreprise.
Chez KLM, la direction va mettre en place un premier PDV pour le cargo et la maintenance. Elle lancera aussi des négociations pour trouver de nouveaux accords de trois ans avec les personnels sol et bord.