Air France remet le cap sur la croissance

La future filiale long-courrier d'Air France alignera dix gros-porteurs d'ici 2020 et exploitera 30 % des lignes nouvellement créées.
Air France

La future filiale long-courrier d'Air France alignera dix gros-porteurs d'ici 2020 et exploitera 30 % des lignes nouvellement créées.
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Changement de cap chez Air France. Le 15 janvier, lors d'un comité central d'entreprise (CCE) au siège de la compagnie à Roissy, la direction a présenté un plan de croissance pour la période 2017-2020. Une nouvelle orientation stratégique qui sonne de fait le glas du fameux « plan B » tant redouté. Si l'attrition est donc évitée, les perspectives restent tout de même relativement limitées.
Lors de sa présentation aux syndicats, Frédéric Gagey, P-DG d'Air France, a mis l'accent sur un redémarrage du secteur long-courrier. Il propose ainsi sur une croissance de 2 à 3 % par an du réseau propre d'Air France (hors KLM et partage de code). Ce qui correspondrait à « une croissance de l'ordre de 10% en capacités et en heures de vol entre 2016 et 2020. » Cela permettrait à la compagnie d'ouvrir une ou deux destinations supplémentaires.
Frédéric Gagey a aussi évoqué la volonté d'ajouter sept appareil à la flotte long-courrier. Sauf surprise, il s'agira des appareils de nouvelle génération Airbus A350 et/ou Boeing 787. Le dirigeant n'a en revanche pas précisé s'il était question d'un chiffre brut ou d'un chiffre net, prenant en compte les retraits d'anciens appareils. Air France vient en effet d'arrêter l'exploitation commerciale de ses Boeing 747 et doit sortir ses trois derniers exemplaires de flotte dans les prochains jours.
Sur le moyen-courrier, le plan est moins ambitieux. Il vise uniquement la stabilité sur les réseaux court et moyen-courrier. Et encore, Air France précise que cet objectif ne tient pas compte des réductions inévitables sur le réseau domestique, dues à la prolongation de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) jusqu'à Bordeaux. Sa mise en service, prévue à l'été 2017, devrait entrainait une perte conséquente de trafic entre Paris et la Gironde. Lors de l'ouverture des LGV sur Marseille et Strasbourg, les lignes aériennes entre la capitale et les deux villes avaient perdu un million de passagers annuels.
Seule Transavia France devrait continuer de croître, avec un objectif de 40 avions en exploitation d'ici 2020.
Air France prévoit donc de la croissance certes, mais pas à n'importe quel prix. Ce plan s'accompagnera de mesures d'amélioration de la productivité. La compagnie mise toujours sur une baisse des coûts unitaires pour y arriver. Et donc une révision des conditions de travail.
Sur ce point, Frédéric Gagey et Gilles Gateau, nouveau directeur des ressources humaines, tablent sur « dialogue social renouvelé » avec « la recherche de compromis équilibrés ». Ils ont donc proposer d'engager « des négociations avec les organisations représentatives des pilotes d'une part et des PNC d'autre part. » Elles devraient notamment porter sur la gestion de l'emploi. Un nouveau plan de départs volontaires pourrait donc intervenir.
La direction voudra probablement continuer de réduire les déséquilibres dans la répartition de ses salariés. Lors de la présentation du Plan B à l'automne 2015, les escales corses et la base marseillaise – voire ses homologues toulousaine et niçoise – apparaissaient comme les cibles désignées. Si ces négociations aboutissent, la direction s'engage « à garantir l'absence de départs contraints jusqu'en juin 2018. »