CCE Air France : sous haute tension

Le nombre de passagers transportés sur le long-courrier a progressé de 3,5 % en 2015 à 25,6 millions de passagers.
Air France

Le nombre de passagers transportés sur le long-courrier a progressé de 3,5 % en 2015 à 25,6 millions de passagers.
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En venant manifester devant le siège d'Air France ce lundi 5 octobre au matin, le but des syndicats était clair : mettre la pression sur la direction au moment d'annoncer les mesurer d'attrition de l'activité et de réduction de l'emploi au sein du groupe. Le fameux « plan B », retenu après l'échec des négociations avec les pilotes le 30 septembre dernier. Pourtant peu de monde, voire personne, n'avait anticipé que les évènements prennent une telle tournure.
La séance du comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire – où Frédéric Gagey (P-DG d'Air France) devait présenter son plan – a débuté vers 9h30. Peu après, les manifestants ont commencé à se masser devant le siège conformément à l'appel de l'Unsa, la CGT et FO. S'il n'y a pas encore d'estimation officielle, plus d'un millier de personnes étaient vraisemblablement réunies, appelant à la démission d'Alexandre de Juniac (P-DG d'Air France-KLM) et de Frédéric Gagey.
Les choses se sont ensuite envenimées lorsque des manifestants se sont introduits dans le siège du groupe, avant d'envahir la salle où se déroulait le CCE peu avant 11h. Devant cette intrusion, Frédéric Gagey a quitté la salle. D'autres dirigeants ont été pris à parti, notamment Xavier Broseta, directeur général adjoint en charge des ressources humaines et politique sociale. Il a dû être évacué de la salle sous escorte et torse nu après s'être fait arraché sa veste et sa chemise par des salariés en colère. Pierre Plissonnier, directeur de l'activité long-courrier a subi le même sort.
La direction d'Air France a fermement condamné ces actes et a porté plainte pour violences aggravées. Elle a tout de même tenu à calmer le jeu en précisant que : « Ces violences sont le fait d'individus isolés particulièrement violents, alors même que la manifestation des personnels grévistes se déroulait jusqu'alors dans le calme. » La CFDT, qui n'appelait pas à la manifestation au niveau national, a également fustigé ces « violences indignes ».
A priori la reprise du CCE, un temps programmée à 14h30 ne devrait pas reprendre. D'autant qu'une partie des manifestants ont décidé de retourner vers le siège.
Malgré le chaos ambiant, Frédéric Gagey a tout de même eu le temps d'annoncer les premières mesures du plan B. Ce sont 2 900 postes qui devraient être supprimés, avec pour la première fois des licenciements massifs. Il s'agirait selon l'Agence France Presse de 300 pilotes, 700 personnels navigants commerciaux et 1 900 personnels au sol.
Selon le SNPNC, les catégories de salariés qui appliqueront les mesures du plan stratégique Perform 2020 pourraient échapper aux licenciements secs. Le syndicat confirme aussi l'abandon de 5 lignes long-courrier dès 2016, principalement vers l'Asie. La flotte devrait ainsi être réduite de 5 avions, puis de 9 en 2017. La commande de Boeing 787, dont les livraisons devaient commencer en 2016, est à priori suspendu. Elle pourrait même être annulée.