Air France, la fin de l'ultimatum approche

Le nombre de passagers transportés sur le long-courrier a progressé de 3,5 % en 2015 à 25,6 millions de passagers.
Air France

Le nombre de passagers transportés sur le long-courrier a progressé de 3,5 % en 2015 à 25,6 millions de passagers.
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Air France peut-elle encore échapper à l'attrition ? Une grande partie de la réponse dépend de la conclusion ou non d'un accord de compétitivité entre les syndicats de navigants techniques et la direction de la compagnie. Les négociations entre les deux parties doivent prendre fin ce mercredi 30 septembre, selon l'ultimatum posé il y a un mois par Frédéric Gagey, président et directeur général d'Air France.
En cas de réussite, la direction promet la mise en place du plan Perform 2020 tel que présenté il y a un an et un retour à la croissance (plan A). En cas d'échec, ce sera l'attrition avec une diminution de l'activité long-courrier, le retrait d'appareils et des licenciements secs (plan B). Dans cette optique, des chiffres de 4 000 à 8 500 suppressions de postes ont été évoqué par les différents syndicats.
Si des discussions intensives ont désormais bien lieu entre les pilotes – essentiellement représentés par le SNPL Air France Alpa – et la direction, peu de personnes en interne estiment qu'elles puissent déboucher sur un véritable accord dans les délais impartis. D'autant qu'il a fallu attendre le mois de septembre pour voir les négociations débuter réellement. Et pour l'instant, elles ressemblent encore à un dialogue de sourds à en croire le SNPL.
Air France veut obtenir un gain de compétitivité de l'ordre de 17 % de la part de ses pilotes. La compagnie veut qu'ils volent une centaine d'heure supplémentaires chaque année, pour une rémunération égale. Selon ses calculs un commandant de bord moyen-courrier passerait en moyenne de 585 à 690 heures de vol annuelles, et un officier pilote de ligne sur long-courrier de 685 à 780 heures.
Un principe jusqu'ici refusé par le SNPL, qui conteste le décompte des heures et estime que l'effort demandé est sans commune mesure avec les accords conclus chez la compagnie-soeur KLM. Son porte-parole Emmanuel Mistrali explique ainsi que la direction et les pilotes néerlandais se sont accordés sur un gain de productivité de 5,3 % là où la direction française en demande le triple. Il a ajouté que son syndicat avait donc fait des propositions chiffrées et détaillées, « du même ordre de grandeur et de qualité » que les conditions négociées aux Pays-Bas.
La question doit donc être tranchée dans les prochains jours. S'il n'est pas sûr d'avoir des réponses concrète dès le 30 septembre, Frédéric Gagey devrait dévoiler les options retenues le 1er octobre lors du conseil d'administration d'Air France-KLM, puis de celui d'Air France le lendemain. Elles seront ensuite présentées aux salariés lors du comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire du 5 octobre.
Même si le plan A est finalement retenu, des doutes persistent sur la garantie des emplois. Ronald Noirot, secrétaire général CFE-CGC Air France, estime avoir réussi à obtenir de la direction l'absence de licenciements massifs au sol mais il n'exclut pas des mesures locales sur l'emploi. Il évoque au moins la possibilité de départs volontaires ciblés.
Emmanuel Mistrali et David Duarte-Martins (Unsa aérien SNMSAC) sont moins optimistes et redoutent des licenciements secs quelle que soit la voie empruntée. S'il n'y a pour l'instant aucune confirmation sur ce sujet, les escales corses et marseillaise apparaissent comme les premières cibles potentielles.
Reste la possibilité qu'au vu d'une avancée des négociations, la direction décide de différer son ultimatum. Une troisième voie est ainsi évoquée par différents représentants salariaux. Les avis divergent néanmoins sur ce qu'elle pourrait être : un délai supplémentaire pour trouver un accord ou alors comme le propose SNPL, un plan complètement différent à même de remettre véritablement Air France sur le chemin de la croissance. Ce qui, selon le syndicat, ne sera pas le cas avec le plan A actuel.