
Portrait : capitaine Geoffrey
Un rêve de voltige
Dans la guerre des tranchées économique et politique autour de l’augmentation éventuelle de la capacité des aéroports de Londres, la balle est désormais dans le camp du gouvernement de David Cameron.
La très officielle Airports Commission créée pour éclairer le choix gouvernemental, a émis hier sa recommandation finale. Elle est finalement favorable à la construction d’une troisième piste à Heathrow. Mais cette préférence n'engage nullement le gouvernement britannique.
C’était une des trois options sur la table, à côté du rallongement d’une des deux pistes existantes à Heathrow et la construction d’une troisième piste à Gatwick. La Commission a donc considéré qu’il était avant tout nécessaire de renforcer la position de Heathrow, avec son réseau de lignes long-courriers, à un moment où les plateformes comme Francfort et Amsterdam annoncent des investissements conséquents pour rester dans le peloton de tête européen.
La troisième piste à Heathrow serait livrable en 2025, à un coût total de 16,8 Md£ (20,6 Md€). C’est deux fois plus que celui de Gatwick, car plus complexe (mise en tunnel de l’autoroute M25 …), mais avec la promesse de 100,000 creations d’emplois et de 100 Md£ de retombées économiques attendues si le projet voit le jour.
Pour sa part, l’enveloppe du projet de Heathrow Hub, qui prévoit de rallonger une des deux pistes existantes, est estimée à environ 12 Md£.
En fait, la décision à venir – promise avant la fin de l’année – ne marquera qu’une première étape, puisque les membres de la Commission ont d’ores et déjà conclu à la nécessité « probable » d’une deuxième piste supplémentaire à l’horizon 2050.